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Tensions au Moyen-Orient font bondir le pétrole (+1,1 %) et plonger les marchés asiatiques

by Amélie Bernard
Un détroit d’Ormuz sous tension et des prix du pétrole en hausse

Les marchés financiers asiatiques ont ouvert en baisse ce lundi 22 juin 2026, tandis que le prix du pétrole a progressé sous l’effet des tensions persistantes au Moyen-Orient et des incertitudes sur la paix, selon les données des contrats à terme et les rapports des agences de presse.

Les contrats à terme sur le S&P 500 et les indices européens ont reculé, tandis que le pétrole a grimpé après l’annonce de la fermeture partielle du détroit d’Ormuz par l’Iran, perturbant le trafic maritime et alimentant les craintes d’une nouvelle escalade géopolitique. Dans le même temps, les rendements des bons du Trésor américain ont augmenté, reflétant une anticipation accrue d’une hausse des taux d’intérêt dès septembre par la Réserve fédérale (Fed). Ces mouvements s’inscrivent dans un contexte de volatilité accrue, alors que les négociations pour un accord de paix entre l’Iran et les États-Unis ont été reportées, et que les incertitudes politiques en Europe et aux États-Unis ajoutent une couche supplémentaire de pression sur les investisseurs.

Un détroit d’Ormuz sous tension et des prix du pétrole en hausse

L’annonce de la fermeture partielle du détroit d’Ormuz par l’Iran a directement impacté les prix du pétrole, avec une hausse de 1,1 % pour le Brent, à 81,43 dollars le baril, selon les données rapportées par Boursorama. Cette décision, combinée à la baisse du nombre de navires transitant par cette voie stratégique, a relancé les craintes d’une perturbation durable des approvisionnements énergétiques. Le trafic maritime, déjà fragilisé par les tensions géopolitiques, est passé de 32 navires vendredi à seulement 26 samedi, selon les sites de suivi cités par les médias spécialisés.

Un détroit d’Ormuz sous tension et des prix du pétrole en hausse
Photo: TradingView
Un détroit d’Ormuz sous tension et des prix du pétrole en hausse
Photo: وكالة سبأ

Cette situation s’ajoute à un contexte déjà tendu : les négociations entre les États-Unis et l’Iran, initialement prévues pour ce vendredi en Suisse, ont été reportées sine die. Les pourparlers devaient lancer un processus de 60 jours pour régler la question du nucléaire iranien, mais leur annulation a assombri les perspectives d’un cessez-le-feu durable. Comme le souligne Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets, cité par Médias24, « Les dernières semaines ont montré à quel point le chemin vers la paix est long et difficile. Pourquoi serait-ce plus simple désormais ? »

Les marchés financiers ont réagi en conséquence, avec une baisse généralisée des indices asiatiques et européens. Le Nikkei japonais a légèrement progressé de 0,7 %, mais la plupart des autres places financières ont enregistré des pertes, reflétant une méfiance accrue des investisseurs face à l’incertitude géopolitique. En Europe, l’Euro Stoxx 50 a reculé de 0,1 %, tandis que le CAC 40 parisien a perdu 0,55 % sur la séance de vendredi, selon Médias24.

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La Fed et les taux d’intérêt : une pression supplémentaire sur les marchés

Parallèlement à ces tensions géopolitiques, les marchés anticipent une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis dès septembre, comme le confirme le revirement « hawkish » de la Réserve fédérale lors de sa dernière réunion. Les contrats à terme tablent désormais sur une probabilité de 75 % d’un tel mouvement, selon les données rapportées par Boursorama. Cette perspective a entraîné une hausse des rendements des obligations américaines à 2 ans, atteignant 4,2276 %, leur plus haut niveau depuis des mois.

Cette anticipation d’un resserrement monétaire supplémentaire pèse sur les marchés actions, avec des reculs observés sur les indices américains comme le S&P 500 (-0,5 %) et le Nasdaq (-0,7 %). En Europe, le DAX allemand a fléchi de 0,3 %, tandis que le FTSE britannique a perdu 0,1 %. Ces mouvements reflètent une double pression : d’un côté, la crainte d’une inflation persistante, et de l’autre, les risques géopolitiques qui pourraient peser sur la croissance économique.

Les semi-conducteurs résistent malgré les incertitudes

Dans ce contexte de volatilité, les valeurs des semi-conducteurs ont résisté, portées par des annonces positives sur la relocalisation de la production aux États-Unis. Le président américain Donald Trump a annoncé qu’Apple avait accepté de collaborer avec Intel pour concevoir et fabriquer des puces sur le sol américain, une nouvelle qui a fait bondir les actions d’Intel (+10,6 %) et de Nvidia (+3 %), selon TradingView. Ces gains contrastent avec les performances mitigées des autres secteurs, notamment les valeurs technologiques classiques, qui ont souffert des craintes liées à la Fed et à la baisse des dépenses des consommateurs.

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L’indice Philadelphia Semiconductor a surperformé les autres indices, reflétant l’engouement des investisseurs pour les entreprises liées à l’infrastructure de l’intelligence artificielle et à la demande accrue en puissance de calcul. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large où les États-Unis cherchent à réduire leur dépendance à l’égard des semi-conducteurs asiatiques, notamment chinois.

Que se passe-t-il en Europe ? Une semaine sous le signe de l’incertitude

En Europe, la Bourse de Paris a terminé la semaine en légère baisse, avec un CAC 40 en recul de 0,55 % à 8 421,14 points, selon Médias24. Cette performance s’explique en partie par les faibles volumes liés à la fermeture des marchés américains pour le « Juneteenth », jour férié commémorant la fin de l’esclavage. Cependant, l’incertitude persistante au Moyen-Orient et les tensions politiques internes, comme les rumeurs de démission du Premier ministre britannique Keir Starmer, ont également joué un rôle.

Que se passe-t-il en Europe ? Une semaine sous le signe de l’incertitude
Photo: Médias24

Les taux d’intérêt en Europe ont également augmenté, avec un rendement à 10 ans de la France atteignant 3,74 %, contre 3,67 % la veille, selon les données citées par Médias24. Cette hausse reflète une inquiétude croissante quant à l’inflation et à la stabilité économique, alors que les banques centrales européennes restent prudentes.

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Perspectives : vers une stabilisation ou une nouvelle escalade ?

Alors que les marchés digèrent ces chocs, plusieurs scénarios se dessinent pour les semaines à venir. D’un côté, une stabilisation des tensions au Moyen-Orient pourrait permettre une reprise des négociations et une baisse des prix du pétrole. De l’autre, une nouvelle escalade, qu’elle soit militaire ou diplomatique, pourrait maintenir les cours à des niveaux élevés et peser sur la croissance mondiale.

Côté monétaire, les investisseurs restent attentifs aux prochaines déclarations de la Fed, dont la prochaine réunion est prévue pour septembre. Une hausse des taux pourrait freiner la croissance économique, mais aussi contribuer à stabiliser l’inflation. Dans le secteur des semi-conducteurs, la tendance à la relocalisation devrait continuer de soutenir les valeurs américaines, tandis que les entreprises européennes, comme ASML, pourraient subir des pressions réglementaires accrues, comme le souligne Saba.

En résumé, les marchés financiers traversent une période de forte incertitude, marquée par des tensions géopolitiques persistantes, des anticipations de hausse des taux d’intérêt et une volatilité accrue sur les valeurs technologiques. Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si cette période de turbulence est passagère ou le signe d’un nouveau cycle de risques pour les investisseurs.

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