Publié le 16 janvier 2024 17:24:00. L’ambitieux projet de métavers de Mark Zuckerberg s’est soldé par un échec retentissant, engloutissant plus de 70 milliards de dollars. Plusieurs entreprises suisses, séduites par la promesse d’un nouvel Eldorado numérique, ont également subi des pertes considérables en investissant dans cet univers virtuel désormais déserté.
- Meta, la société mère de Facebook, abandonne le métavers pour se concentrer sur l’intelligence artificielle et les appareils portables.
- Des entreprises suisses comme PostFinance, Signum, Vontobel et Sanitas ont investi dans le métavers, souvent sans succès.
- Le battage médiatique autour du métavers a conduit à des dépenses inutiles en conseil et à des stratégies commerciales infructueuses.
Le rêve d’un monde virtuel immersif, promis par Mark Zuckerberg et d’autres figures de la technologie, s’est effondré. Le métavers, présenté comme l’avenir du numérique, est désormais considéré comme un coûteux train fantôme. Meta a dépensé plus de 70 milliards de dollars (environ 63 milliards d’euros) dans ce projet, sans parvenir à attirer un public significatif. L’entreprise a annoncé un recentrage stratégique vers l’intelligence artificielle (IA) et les technologies portables.
L’échec du métavers suscite l’amusement aux États-Unis et un malaise palpable au sein des conseils d’administration de nombreuses entreprises qui y avaient cru. Les “hubs numériques” vantés autrefois sont désormais vides, témoignant d’une déconnexion entre les promesses technologiques et la réalité économique. Ce fiasco illustre la tendance à construire des mondes virtuels pour des populations confrontées à des difficultés concrètes dans la vie réelle.
En Suisse, plusieurs institutions financières et d’assurance ont été prises au piège de l’enthousiasme pour le métavers. La “Metaverse Academy” suisse, par exemple, a promis des gains importants aux banques sans réellement comprendre les enjeux de l’univers numérique parallèle. PostFinance avait même déployé des conseillers virtuels dans le métavers pour attirer de nouveaux clients, mais n’a trouvé que quelques avatars isolés. Signum, une autre banque, voulait se positionner comme un acteur clé pour les “clients de demain”, mais a constaté que ces derniers n’étaient pas intéressés par une agence bancaire virtuelle.
Vontobel a créé un panier d’actifs liés au métavers, présenté comme “l’avenir dans le dépôt”. Sanitas, une caisse d’assurance maladie, s’est également illustrée en créant des salles d’attente virtuelles, vides de tout patient, pendant que les assurés continuaient à payer. Des millions de francs suisses ont été dépensés en honoraires de consultants pour élaborer des stratégies pour un monde auquel personne ne voulait s’aventurer.
Même les chasseurs de fortune immobiliers suisses ont été séduits par l’idée de propriétés virtuelles dans le métavers, imaginant des profits considérables, éclipsant même le battage médiatique autour du Bitcoin. Pro Senectute, l’organisation suisse dédiée aux personnes âgées, avait même envisagé d’utiliser le cyberespace pour lutter contre la solitude, rêvant de soirées de Jass (jeu de cartes suisse) virtuelles, mais la technologie s’est souvent avérée défaillante avant même le début de la partie.
L’enthousiasme pour le métavers, né dans la Silicon Valley, a rapidement conduit à une activation massive des budgets marketing, sans que l’esprit critique ne s’en mêle. Alors que Zuckerberg débranche, les entreprises suisses se retrouvent avec des actifs virtuels sans valeur. Mais, comme le souligne cette affaire, le prochain battage médiatique est déjà en préparation.
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