Publié le 3 décembre 2025 à 06h02. Tesla a mis en garde le gouvernement britannique contre un assouplissement des réglementations sur les véhicules électriques, craignant un impact négatif sur les ventes et la capacité du pays à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de CO2. Le constructeur américain a également plaidé pour un soutien au marché de l’occasion.
- Tesla craint que l’assouplissement des règles sur les véhicules zéro émission (VZE) ne compromette les objectifs climatiques du Royaume-Uni.
- Plusieurs constructeurs automobiles, dont BMW, Jaguar Land Rover et Toyota, ont estimé que les règles actuelles nuisent à leurs investissements.
- Le budget britannique prévoit une nouvelle taxe kilométrique pour les véhicules électriques à partir de 2028, suscitant des inquiétudes quant à leur attractivité.
Selon des documents récemment révélés, Tesla a exprimé en privé ses préoccupations au gouvernement britannique concernant l’affaiblissement du dispositif de mandats pour les véhicules zéro émission (VZE). Initialement conçu pour augmenter progressivement les ventes de véhicules électriques chaque année, ce dispositif a été modifié en avril, permettant aux constructeurs automobiles de vendre une proportion plus importante de véhicules à essence et diesel.
Tesla estime qu’il est « essentiel » pour le développement du marché des véhicules électriques que le gouvernement ne crée pas de nouvelles « flexibilités » dans la réglementation. L’entreprise a averti que ces changements pourraient entraîner une diminution de l’offre de véhicules électriques à batterie (VEB), un impact significatif sur les émissions de gaz à effet de serre et, en fin de compte, un échec à atteindre les objectifs de réduction des émissions de carbone du Royaume-Uni.
Dans un document soumis lors d’une consultation gouvernementale, Tesla a également souligné la nécessité d’un « soutien au marché des voitures d’occasion ». L’entreprise n’a pas précisé si ce soutien prendrait la forme de subventions.
D’autres constructeurs automobiles, tels que BMW, Jaguar Land Rover, Nissan et Toyota – qui disposent tous d’usines au Royaume-Uni – ont également fait part de leurs préoccupations concernant le mandat VZE, arguant qu’il nuisait à leurs investissements car ils vendaient des véhicules électriques à perte. Cependant, les défenseurs de l’environnement et les constructeurs spécialisés dans les véhicules électriques ont souligné que les règles étaient efficaces et qu’aucun constructeur n’avait été sanctionné en 2024 pour non-respect des objectifs de vente.
La chancelière Rachel Reeves a ajouté à l’incertitude en annonçant dans le cadre du budget de la semaine dernière l’introduction d’une taxe kilométrique pour les véhicules électriques à partir de 2028. Cette mesure, qui pourrait réduire l’attrait des véhicules électriques par rapport aux modèles à combustion interne, a suscité de vives critiques. Parallèlement, le gouvernement a annoncé la prolongation des subventions pour l’achat de nouveaux véhicules électriques, une décision saluée par le secteur.
Tom Riley, auteur de la newsletter Fast Charge, a déclaré : « Alors que la transition vers les véhicules électriques semblait acquise, le budget a envoyé des signaux contradictoires, privant en quelque sorte Pierre pour payer Paul. Si les constructeurs automobiles continuent de faire pression pour un assouplissement du mandat, le gouvernement devra assumer la responsabilité du non-respect des objectifs climatiques. »
Les réponses de Tesla, Mercedes-Benz et Ford à la consultation gouvernementale ont été obtenues grâce à une demande d’accès à l’information. Plusieurs pages ont été expurgées, mais il ressort que Tesla plaidait pour un soutien au marché de l’occasion. Ford et Mercedes-Benz ont quant à eux fait pression contre des règles plus strictes après 2030, qui auraient pu les obliger à réduire davantage leurs émissions de CO2 et à limiter la vente de véhicules polluants.
Ford a critiqué les gouvernements européens pour avoir réduit leur soutien aux ventes de véhicules électriques, affirmant que « les décideurs politiques de nombreuses juridictions européennes n’ont pas respecté leur engagement ». L’entreprise avait initialement soutenu des objectifs plus ambitieux avant de changer de position.
Mercedes-Benz a également suggéré que le Royaume-Uni devrait réduire la TVA sur les bornes de recharge publiques de 20 % à 5 %, pour se rapprocher du taux appliqué à l’électricité domestique, et envisager un plafonnement des tarifs de recharge.
Enfin, Tesla a proposé d’interdire la vente de véhicules hybrides rechargeables avec une autonomie électrique inférieure à 160 kilomètres (100 miles) après 2030, une mesure qui aurait exclu de nombreux modèles populaires de cette catégorie.
Ford, Mercedes-Benz et Tesla n’ont pas souhaité commenter davantage.