Home DivertissementThe ‘Kelvin-verse’ is history. Where do the Star Trek movies go from here? | Film

The ‘Kelvin-verse’ is history. Where do the Star Trek movies go from here? | Film

by Antoine Girard

L’avenir de la franchise Star Trek s’assombrit : Paramount a mis en suspens le développement d’une nouvelle trilogie cinématographique mettant en scène Chris Pine et Zachary Quinto, soulevant des questions sur la pertinence de la saga sur grand écran.

Selon des informations rapportées par Variety, le studio a abandonné le projet, connu informellement sous le nom de « Kelvin-verse », après plus de 16 ans d’attente pour une suite. Cette décision intervient alors que la franchise semble en perte de direction, tiraillée entre des tentatives de modernisation et la nostalgie des séries originales.

Les trois films précédents – Star Trek (2009), Star Trek Into Darkness (2013) et Star Trek Beyond (2016) – avaient reçu un accueil favorable de la critique, mais avaient divisé les fans. Certains leur reprochaient de s’éloigner de l’esprit initial de la série, une réflexion philosophique sur l’empathie, la coopération et les dangers du militarisme, au profit d’un divertissement spectaculaire plus conventionnel. Si la trilogie, dirigée par J.J. Abrams, bénéficiait d’une interprétation solide et d’une mise en scène inventive – notamment une séquence mémorable où l’équipage de Kirk détruit une escadrille de drones sur les rythmes de Sabotage des Beastie Boys – elle n’a pas réussi à relancer durablement la franchise au cinéma.

Parallèlement, la série Star Trek: Strange New Worlds, diffusée sur Paramount+, connaît un succès critique et public. Cette série explore les aventures de l’Enterprise avant le commandement de Kirk, incarné par de nouveaux acteurs, et s’inspire ouvertement de l’optimisme des années 1960 de la série originale. Une transition de cette série vers le grand écran est envisageable, mais certains craignent que l’humour et l’émotion subtile qui la caractérisent ne soient perdus dans un format plus grandiose.

L’abandon de la trilogie intervient dans un contexte de changement stratégique chez Paramount. Le nouveau PDG, David Ellison, proche de Donald Trump, privilégie désormais des projets plus populaires auprès d’un public conservateur, comme des suites de Top Gun: Maverick et de Days of Thunder, voire un film basé sur le jeu vidéo Call of Duty. Cette orientation semble incompatible avec l’ADN de Star Trek, qui a marqué l’histoire de la télévision américaine en diffusant le premier baiser interraciale à l’écran et qui s’est toujours voulu progressiste.

« Star Trek a toujours représenté une forme de rébellion silencieuse, une exploration des joies de la coexistence interstellaire et du pouvoir de la diplomatie cosmique », souligne un observateur. L’optimisme qui a autrefois rendu la saga révolutionnaire semble aujourd’hui déplacé, voire politiquement impopulaire. Ironie du sort, la franchise qui croit encore en l’avenir peine à se projeter dans le futur.

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