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‘There was rage and pain and iron in him’: Patrick Marber on the great hits – and fond smokes – he had with Tom Stoppard | Tom Stoppard

L’annonce de la disparition de Tom Stoppard, figure emblématique du théâtre britannique, a plongé le monde de la culture dans la tristesse. Le dramaturge, connu pour son esprit brillant et ses pièces complexes, s’est éteint à l’âge de…

‘There was rage and pain and iron in him’: Patrick Marber on the great hits – and fond smokes – he had with Tom Stoppard | Tom Stoppard

L’annonce de la disparition de Tom Stoppard, figure emblématique du théâtre britannique, a plongé le monde de la culture dans la tristesse. Le dramaturge, connu pour son esprit brillant et ses pièces complexes, s’est éteint à l’âge de 86 ans, laissant derrière lui un héritage théâtral exceptionnel.

Patrick Marber, metteur en scène et dramaturge, témoigne d’une relation profonde et durable avec Stoppard, débutée il y a plus de quarante ans. Il se souvient d’une première rencontre marquante, alors qu’il était adolescent en 1979, lors d’une production scolaire de Travesties. « C’était glamour, sensuel et complètement incompréhensible », confie-t-il, captivé par l’œuvre d’un auteur qu’il s’empressa d’étudier.

Ses premières tentatives de lecture des pièces de Stoppard, Rosencrantz et Guildenstern sont morts et Jumpers, se soldèrent par un échec, mais sa fascination ne diminua pas. Plus tard, en tant qu’étudiant en littérature anglaise au milieu des années 1980, il parvint à mieux appréhender l’œuvre de l’auteur, avant d’être à nouveau bouleversé par la production originale d’Arcadia en 1993. « C’était de l’art. De la beauté. Des mots prononcés sur scène comme personne d’autre », se souvient Marber.

Leur collaboration directe débuta quelques années plus tard, lorsque la première pièce de Marber, Dealer’s Choice, fut jouée au National Theatre. Stoppard, alors membre du conseil d’administration, avait mentionné favorablement la pièce lors d’un discours. Une rencontre fortuite lors d’un cocktail permit à Marber d’échanger avec l’auteur. « Il s’est approché de moi. Tout en cheveux, en costume, en cigarettes et en chaleur. Il m’a pris dans ses bras et m’a dit que j’étais un jeune dramaturge sérieux », raconte Marber.

Stoppard avait une formule qu’il répétait souvent : « Être dramaturge, c’est avoir le cœur brisé tous les jours ». Marber souligne la complexité de l’homme, capable d’incarner à la fois le gentleman anglais poli et l’homme de cœur juif. Pendant plus de vingt ans, ils se suivirent dans leurs créations, échangeant des lettres, partageant des déjeuners et se consolant mutuellement de leurs échecs.

En 2015, un tournant se produisit. Stoppard contacta Marber pour lui proposer de remonter Travesties au Menier Chocolate Factory. « Patrick, est-ce que tu connais ma pièce Travesties ? » demanda-t-il. « Oui, bien sûr. Elle est merveilleuse », répondit Marber. Stoppard lui demanda alors son avis sur le choix d’un metteur en scène, Sam West, qu’il considérait comme un excellent professionnel. Marber, sans hésiter, se proposa lui-même, obtenant finalement le poste.

La collaboration se transforma en une relation de travail intense, ponctuée de réunions enfumées et de discussions passionnées. Marber admit avoir repris le tabac pour ne pas paraître impoli. Stoppard, lui, fumait du matin au soir, et aimait retravailler ses pièces à chaque nouvelle production, cherchant à exercer un contrôle sur ses œuvres devenues des classiques. Il ajouta même de nouvelles répliques pour cette reprise de Travesties.

Marber évoque également les moments de convivialité passés chez Stoppard et sa femme Sabrina, dans leur maison du Dorset, où les journées se terminaient souvent par des soirées télévisées. Il se souvient de l’obsession de Stoppard pour le film Les Dents de la mer, qu’il connaissait scène par scène.

Le processus de création pouvait être tumultueux. Marber se souvient des accès de colère de Stoppard en répétition : « Soudain, il hurlait : « Je déteste ça, je déteste ça ! » Toute la salle se taisait. » Mais une fois qu’il avait confiance en la vision du metteur en scène, Stoppard devenait plus conciliant. « J’ai appris à l’aimer pour sa franchise », confie Marber.

Le succès de Travesties fut immense, et Stoppard, bien que ravi, semblait surpris. Il offrit à Marber une vieille chaise d’angle ayant appartenu au metteur en scène original de la pièce, Peter Wood, un cadeau symbolique qui témoigne de leur complicité.

En 2019, Stoppard confia à Marber son nouveau projet, Leopoldstadt, une pièce profondément personnelle sur l’histoire d’une famille juive viennoise. Marber fut bouleversé par la lecture du texte et honoré d’être choisi pour la mise en scène. La pièce, qui aborde les thèmes de la perte, de l’identité et de la mémoire, fut un succès critique et public, remportant de nombreux prix, dont un Tony Award pour Stoppard en 2023.

Marber décrit les derniers mois de Stoppard, marqués par la maladie et la conscience de la mort imminente. Il se souvient d’une dernière cigarette partagée, un moment de tendresse et de complicité. « Il était fatigué. Très fatigué. Mais toujours là », raconte Marber. Il conclut en saluant l’héritage de Stoppard, un dramaturge hors du commun dont les pièces continueront à résonner à travers le temps.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.