Home DivertissementTikTok… times are changing for politics on social media platforms. – The Edge

TikTok… times are changing for politics on social media platforms. – The Edge

by Antoine Girard

Les réseaux sociaux, devenus une source d’information majeure pour les citoyens, en particulier les jeunes, transforment en profondeur notre rapport à la politique. Si ces plateformes offrent un accès inédit à l’information et à la participation citoyenne, elles sont aussi un terrain fertile à la désinformation et à la polarisation des opinions.

Selon une étude récente d’Ofcom, plus de la moitié des adultes britanniques (52 %) utilisent désormais les réseaux sociaux comme source d’actualités (Ofcom, 2024). Cette omniprésence soulève des questions cruciales quant à l’impact de ces plateformes sur le débat public et le processus démocratique.

L’UNESCO, organisation intergouvernementale chargée de veiller à la liberté d’expression et à l’intégrité des processus électoraux, rappelle que l’accès à une information libre et équitable est un droit fondamental. « L’UNESCO contribue à garantir des élections libres, pluralistes et équitables en période de désinformation » (UNESCO, sans date). Or, la régulation excessive de la critique politique par les gouvernements peut constituer une violation de ce droit.

Les réseaux sociaux offrent aux jeunes un moyen privilégié de s’informer et de faire entendre leur voix. L’influenceuse GK Barry, par exemple, a récemment encouragé ses abonnés à voter lors des élections de 2024, lançant même un podcast, « The Turnout », pour approfondir les enjeux (Hall, 2024). Pourtant, malgré une forte présence en ligne – 98 % de la génération Z utilise les réseaux sociaux – le taux de participation électorale des 18-24 ans reste faible, avec moins de la moitié des jeunes ayant voté aux élections générales britanniques de 2019 (Morris, 2024).

Ce paradoxe suggère que les réseaux sociaux peuvent aussi engendrer un désintérêt, voire une défiance envers la politique. Certains craignent que les jeunes ne se fient aveuglément aux personnalités influentes en ligne, exposant ainsi à la désinformation. La transmission des convictions politiques au sein des familles, autrefois un phénomène courant, semble également s’estomper, noyée dans le flux constant d’informations et de tendances véhiculées par les réseaux sociaux.

Les politiciens eux-mêmes ont pris conscience de l’importance de ces plateformes et adaptent leur communication en conséquence. On assiste à une multiplication des références à la culture populaire et des « mèmes politiques », utilisés pour susciter l’engagement et créer une opposition virale. Aux États-Unis, Kamala Harris a été au centre de cette tendance, avec des célébrités utilisant leurs réseaux sociaux pour soutenir sa candidature, et une référence à son égard, la qualifiant de « brat », inspirée de l’album de Charli XCX.

Mais cette utilisation des réseaux sociaux comporte aussi des risques. L’essor de l’intelligence artificielle (IA) facilite la création de fausses informations, qu’il s’agisse de voix synthétiques imitant des personnalités politiques comme Donald Trump ou de montages vidéo trompeurs mettant en scène des figures comme Alexandria Ocasio-Cortez. Ces manipulations peuvent alimenter la désinformation et permettre aux politiciens de se défausser de leurs responsabilités en dénonçant de fausses nouvelles.

Les réseaux sociaux peuvent également révéler des réalités préoccupantes. La vidéo YouTube de Niko Omilana, « I exposed racists in London » (Omilana, 2025), bien que non exempte de biais, a mis en lumière des opinions racistes et intolérantes au Royaume-Uni, parfois exprimées sous couvert de préoccupations politiques comme « stopping the boats ». Dans ce cas, les réseaux sociaux ont permis à la fois de diffuser de la désinformation sur les demandeurs d’asile et de révéler les véritables motivations de certains groupes extrémistes comme l’English Defence League.

L’annonce de la possible extension du droit de vote aux 16 ans est une étape importante pour encourager l’engagement politique des jeunes. Or, selon Ofcom, 62 % des jeunes de 8 à 17 ans utilisent TikTok (Ofcom et Yonder Consulting, 2022). Cependant, une étude de Reuters souligne que TikTok est également la plateforme où les préoccupations concernant la distinction entre informations fiables et non fiables sont les plus fortes (Reuters et al., 2024).

En conclusion, les réseaux sociaux offrent des opportunités inédites en matière d’accès à l’information, de participation citoyenne et de contrôle de l’action gouvernementale. L’exemple de la mobilisation en ligne et des manifestations de jeunes suite à la controverse sur les notes du baccalauréat en 2020 (Weale et Stewart, 2020), qui a conduit à un revirement du gouvernement, en témoigne. Cependant, il est crucial de développer un esprit critique et une culture numérique solide pour lutter contre la désinformation et préserver l’intégrité du débat public. La maîtrise des outils numériques est devenue un atout politique essentiel pour tous les citoyens.

You may also like

Leave a Comment