Tout citoyen peut en être acteur » : à Blain, dernière occasion d’investir dans le projet
L'association Citoyens du Zef clôture le dimanche 14 juin 2026 la souscription financière pour le parc éolien de l'Hôtel de France à Blain. Ce projet citoyen prévoit l'installation de trois éoliennes de 3 mégawatts, financées par un partenariat…
L’association Citoyens du Zef clôture le dimanche 14 juin 2026 la souscription financière pour le parc éolien de l’Hôtel de France à Blain. Ce projet citoyen prévoit l’installation de trois éoliennes de 3 mégawatts, financées par un partenariat public-privé-citoyen pour produire une électricité décarbonée et locale en Loire-Atlantique.
Le compte à rebours est lancé pour les investisseurs. Selon Ouest-France, les citoyens disposent d’une dernière fenêtre jusqu’au 14 juin pour participer financièrement à l’aventure. L’ouverture du capital n’est pas restreinte aux seuls habitants de Blain : tout citoyen peut souscrire, avec un ticket d’entrée fixé à 100 € et un plafond à 5 500 €.
L’enjeu dépasse le simple placement financier. Il s’agit de transformer le consommateur d’énergie en acteur de la production. Pour orchestrer cet investissement, l’association a créé la société SAS Énergies Citoyennes de l’Hôtel de France (ECHdF), qui sert de véhicule pour regrouper les fonds et porter la voix des citoyens dans la gouvernance du projet.
Un modèle de gouvernance tripartite entre public, privé et citoyens
Photo: energie-partagee.org
L’architecture financière du projet est singulière. L’exploitation est portée par la société de projet SAS EHDF, co-pilotée par trois partenaires aux intérêts distincts mais complémentaires. Comme le souligne Engie Green, ce partenariat se veut innovant et équilibré, répartissant le pouvoir de décision à parts égales.
Le montage financier repose sur un ratio classique de 80 % d’emprunts bancaires et 20 % de fonds propres. Ces fonds propres, essentiels pour sécuriser le prêt, sont répartis équitablement entre les trois piliers du projet :
Le secteur public via la SEM EnR 44.
Le secteur privé via l’opérateur Engie Green.
Le secteur citoyen via la SAS Énergies Citoyennes de l’Hôtel de France.
D’après les données d’ Énergie Partagée, chaque partenaire doit apporter environ 1,2 million d’euros. Cette structure évite la domination d’un seul acteur et garantit que les retombées économiques profitent autant au territoire qu’aux investisseurs individuels.
Trois éoliennes de 165 mètres pour le territoire de Blain
Photo: engie-green.fr
Le choix technique est ambitieux : trois machines de 3 mégawatts chacune, s’élevant à 165 mètres de hauteur. Le site retenu, le lieu-dit L’Hôtel de France, a été sélectionné après une étude multicritère comparant quatre emplacements potentiels.
L’analyse d’impact a couvert des domaines variés : biodiversité, acoustique, zones humides et paysages. Un point crucial pour l’acceptation locale est la compatibilité avec l’activité économique existante. L’exploitation agricole peut, en effet, se poursuivre normalement tout autour des mâts, limitant ainsi la perte de surface productive.
De l’abandon de Notre-Dame-des-Landes à la Charte de Bon Voisinage
Conférence séniors – "Être acteur et citoyen de son territoire" – 03 mars 2022
Le projet n’est pas né dans un vide politique. Jusqu’en 2018, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes bloquait toute implantation éolienne dans la zone. C’est l’abandon définitif de l’aéroport qui a ouvert une brèche, permettant à un groupe de citoyens, déjà expérimentés dans l’investissement éolien régional, de proposer une alternative au maire de Blain en 2019.
L’acceptabilité sociale a été travaillée via une approche participative. Citoyens du Zef a organisé deux ateliers, en septembre 2021 et mars 2022, réunissant environ 25 participants à chaque session, principalement des riverains.
Ces échanges ont permis de mettre en lumière des inquiétudes concrètes :
L’impact sur la santé humaine et le bétail.
La dépréciation potentielle de la valeur immobilière des habitations.
Les perturbations possibles de la réception télévision.
L’aboutissement de ces concertations est la Charte de Bon Voisinage, un document contractuel visant à encadrer les engagements du projet envers les habitants.
L’attente du feu vert préfectoral
Malgré l’enthousiasme des souscripteurs et la structure financière en place, le projet reste suspendu à une décision administrative. Le dossier de Demande d’Autorisation Environnementale, déposé en 2023, a nécessité des compléments d’information demandés par la Préfecture.
L’étape de l’enquête publique a été franchie avec succès, le commissaire enquêteur ayant rendu un avis favorable. La décision finale de la Préfecture est désormais attendue pour le début de l’été 2026.
Si le feu vert est prononcé, le projet passera en phase de réalisation, transformant un investissement citoyen en infrastructure énergétique concrète. Pour les retardataires, la dernière permanence d’information se tiendra le samedi 13 juin à la salle du Local Club, place Jollan-de-Clerville, avant la clôture définitive des souscriptions.
Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.