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« Tout se construit, la seule chose naturelle est le contenant avec lequel on naît »

Avec son spectacle « La Sarah Kay et Sarah Connor », l'artiste Romina Ferrer invite à une réflexion décalée sur les archétypes féminins et les injonctions sociales, le tout enrobé d'humour et d'autodérision. Cette performance, à découvrir les…

« Tout se construit, la seule chose naturelle est le contenant avec lequel on naît »

Avec son spectacle « La Sarah Kay et Sarah Connor », l’artiste Romina Ferrer invite à une réflexion décalée sur les archétypes féminins et les injonctions sociales, le tout enrobé d’humour et d’autodérision. Cette performance, à découvrir les 2 et 16 novembre à Morán Stand Up, propose de déconstruire les normes qui façonnent nos vies.

L’exposition, qui mêle monologue et illustration, explore le cheminement entre deux figures emblématiques : Sarah Kay, symbole de tendresse et de romantisme, et Sarah Connor, incarnation de la force et de la résistance. Romina Ferrer explique que ces deux archétypes coexistent en chaque femme : « Dans certains domaines, vous finissez par être Sarah Kay, notamment dans le mythe de l’amour romantique, la romantisation de la violence, l’amour éternel. »

L’artiste souligne que les stéréotypes ne sont pas naturels, mais des constructions sociales qui influencent notre perception du monde et notre comportement. « Non seulement ces stéréotypes sont des mandats et des rôles que l’on apprend dès la naissance, mais le regard des autres joue contre nous, comme l’ego », a-t-elle précisé. Elle utilise le rire comme un outil de libération et d’autocritique : « Le spectacle est tout à propos de ça : rire de ces choses-là. »

Romina Ferrer aborde également la question de l’acceptation de soi et de la résistance à travers des choix personnels. Elle évoque par exemple sa décision de laisser ses cheveux gris : « Le moment où j’ai décidé de devenir gris, c’était dû à la rupture des stéréotypes. C’est la permission de vieillir. Un homme aux cheveux gris est sexy. » Pour elle, l’authenticité prime sur les idéaux de beauté : « Tout est construit. La seule chose naturelle est le contenant avec lequel on est né. » Elle remet en question les discours biologiques souvent utilisés pour justifier des inégalités.

Loin d’être un spectacle individualiste, « La Sarah Kay et Sarah Connor » vise à créer un espace d’identification et de réflexion collective. « Le stand-up inclut tout le monde, ils se sentiront accueillis », assure Romina Ferrer. Elle souligne l’importance du collectif pour rester humble et s’interroger sur soi-même : « Le collectif vous garde humble et vous pousse aussi à vous reconnaître. »

L’artiste aborde également le contexte actuel du mouvement féministe, estimant qu’il connaît un certain recul : « Une partie des changements vont et viennent, et je pense que nous sommes en plein retrait. » Elle rappelle que le féminisme ne se transmet pas héréditairement : « Personne ne naît féministe, on se construit. »

Bien que son spectacle ait une dimension féministe, Romina Ferrer insiste sur le fait qu’il s’adresse également aux hommes : « Ce travail est conçu pour parler aux hommes hétérosexuels. » Elle conclut en affirmant que nous sommes tous les deux Sarah Kay et Sarah Connor, et qu’il est important d’embrasser les deux facettes : « C’est tout un voyage. Sarah Kay est toujours dans cette Sarah Connor. Mais accueillez cette dernière, car elle enrichit. »

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.