Publié le 9 novembre 2025 à 21h05. L’ancien président roumain Traian Băsescu critique vivement les mesures actuelles d’optimisation des effectifs de l’administration publique, les jugeant insuffisantes et dénonçant une augmentation salariale qu’il estime injustifiée pour les fonctionnaires travaillant sur des projets financés par des fonds européens.
- Traian Băsescu estime que la simple réduction du personnel ne constitue pas une véritable réforme administrative.
- Il plaide pour une fusion des comtés et une régionalisation afin de renforcer l’efficacité de l’administration locale.
- Il critique l’augmentation de 50 % accordée aux fonctionnaires travaillant sur des projets européens, la jugeant disproportionnée face aux difficultés de l’État à gérer ces fonds.
Selon l’ancien chef de l’État, la véritable réforme administrative passe par une restructuration territoriale profonde. Il souligne que la fusion des comtés, sans nécessiter de modification constitutionnelle, permettrait de créer des entités administratives plus viables financièrement. Il insiste sur la nécessité de soutenir les communautés les plus fragiles, en les intégrant à des structures plus importantes pour garantir la pérennité des services publics.
Băsescu a exprimé ses doutes quant à l’efficacité des mesures de réduction du personnel actuellement envisagées.
« Il n’y a pas de réforme de l’administration, de réduction du personnel. Il s’agit d’une optimisation des dépenses. »
Traian Băsescu, ancien président roumain
Il met en avant la diversité des situations au sein des collectivités locales, certaines ayant externalisé leurs services tandis que d’autres les maintiennent en interne, ce qui rend difficile l’application uniforme de coupes budgétaires.
L’ancien président s’est également attaqué à la question des fonds européens. Il dénonce une augmentation de 50 % des salaires des fonctionnaires affectés à ces projets, qu’il juge inacceptable, surtout au moment où le président actuel, Nicusor Dan, appelle le secteur privé à prendre en charge une partie de la gestion de ces fonds en raison du manque de capacité administrative de l’État.
« Ma réaction, si j’étais Premier ministre, serait de réduire immédiatement l’augmentation de 50% des salaires de ceux qui prétendent travailler avec des fonds européens. »
Traian Băsescu, ancien président roumain
Băsescu a qualifié cette approche de « naïve » ou de « ruse », soulignant l’urgence d’une réforme en profondeur de l’administration publique roumaine pour garantir une utilisation efficace des fonds publics et une meilleure qualité des services rendus aux citoyens.