Le nouveau drame historique « Train Dreams » de Clint Bentley, porté par un Joel Edgerton convaincant, offre une esthétique soignée mais peine à captiver, se perdant dans une imitation maladroite des œuvres de Terrence Malick.
Le film suit la vie de Robert Granier, interprété par Edgerton, un homme qui travaille sur les chemins de fer au début du XXe siècle et qui vit jusqu’à l’âge de 80 ans. L’ensemble de l’œuvre semble résumé par ses derniers mots : « C’est magnifique, n’est-ce pas ? Tout simplement magnifique. » Si l’aspect visuel du film est indéniablement plaisant, il s’avère aussi d’une lenteur soporifique.
« Train Dreams » explore les espoirs et les difficultés d’une époque révolue, ainsi que l’impact des changements industriels sur le monde. Edgerton incarne avec justesse Granier, un personnage qui représente l’ouvrier acharné, convaincu que le travail est la clé d’une vie meilleure. L’acteur évoque, selon la critique, la figure du grand-père et les valeurs qu’il a portées jusqu’à la fin de sa vie. Cependant, son talent ne suffit pas à transcender un rôle davantage symbole des possibilités américaines qu’une véritable construction psychologique.
La performance de William H. Macy, dans le rôle d’un expert en explosifs au sein de l’équipe de Granier, éclipse celle d’Edgerton. Macy, qui bénéficie des dialogues les plus percutants, livre une prestation mémorable, même si son rôle se limite à une apparition prolongée.
Le film souffre de comparaisons défavorables avec des œuvres plus abouties. Il rappelle inévitablement « Les Jours du Paradis » (1978), surpassant largement « Train Dreams » en qualité, et présente des similitudes visuelles avec « Badlands » (1973), « Le Nouveau Monde » (2005) et « L’Arbre de la Vie » (2011), tous réalisés par Terrence Malick.
L’influence de Malick est criante, mais Bentley échoue à reproduire la poésie et le mystère qui caractérisent le travail du cinéaste américain. La narration, excessivement descriptive, dévoile tout, contrairement aux films de Malick où elle explore les pensées intimes et les révélations personnelles des personnages.
Une intrigue secondaire, tardive, qui voit Granier renouer avec un membre de sa famille disparu, apporte un moment d’émotion, mais son impact est limité par son timing.
Le film se distingue par sa direction artistique impeccable : costumes, décors et musique sont à la hauteur de la photographie, qui constitue son principal atout. Cependant, les scènes finales manquent de subtilité et d’originalité, confirmant la familiarité de l’ensemble et les limites de l’histoire.
En comparaison, « Far and Away » (1992) de Ron Howard, malgré ses défauts, parvient à créer une tension et un suspense bien supérieurs à ceux de « Train Dreams ».
Si l’on reconnaît le génie de Terrence Malick, son style, lorsqu’il est imité sans profondeur psychologique ni symbolisme pertinent, ne devient qu’un simple décor. Comme pour Stanley Kubrick, beaucoup envient son talent sans parvenir à l’égaler.
Note : Deux étoiles sur quatre.
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