Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Traitement du cancer: bientôt une usine de production pour les médicaments radiopharmaceutiques à Gondreville

Une production de médicaments radiopharmaceutiques verra la lumière de la journée à Gondreville, dans la terre désolée. Il répond au boom exponentiel de la médecine nucléaire dans le traitement des tumeurs. Début de la production prévue en 2027.…

Une production de médicaments radiopharmaceutiques verra la lumière de la journée à Gondreville, dans la terre désolée. Il répond au boom exponentiel de la médecine nucléaire dans le traitement des tumeurs. Début de la production prévue en 2027.

C’est un projet industriel pas comme les autres qui doit voir le jour d’ici au début de l’année 2027 à Gondreville (Meurthe-et-Moselle) sur l’ancienne emprise de l’enseigne de meubles Atlas. Un projet de médecine nucléaire. Son nom ? Protherium. Son objet ? Produire des médicaments radiopharmaceutiques pour le traitement des tumeurs cancéreuses. Cette usine, unique en France, est portée par la structure de recherche publique-privée Nancyclotep, installée au sein du CHRU de Brabois.

La médecine nucléaire connaît aujourd’hui une croissance exponentielle : plus d’un millier de molécules en cours de développement partout dans le monde. Certaines sont prêtes à être commercialisées. Sauf qu’il manque un outil de production à l’échelle européenne. « Avec ce projet, nous souhaitons répondre à ce besoin de production », explique le Pr Gilles Karcher, spécialiste de médecine nucléaire et initiateur de Protherium. « L’objectif est d’accélérer la mise à disposition de la population de ces nouvelles modalités thérapeutiques. »

« Les premiers cancers traités avec ces médicaments sont les cancers de la thyroïde, de la prostate et petit à petit, on voit arriver d’autres cancers : poumons, reins, seins. Pratiquement tous les cancers sont susceptibles un jour ou l’autre de bénéficier de l’un de ces nouveaux médicaments radiopharmaceutiques », souligne encore l’ancien chef de service de médecine nucléaire du CHRU de Nancy. « Ne pas le rendre accessible à la population, c’est, à mon sens, non éthique. »

Les doses de produits injectables – qui pourront être fabriquées par plusieurs sociétés dans quatre modules indépendants de 1000 m² chacun au sein de l’usine Protherium – ont une durée de vie courte. Sans possibilité de stockage. « Ces produits radioactifs se dégradent, ils ont ce qu’on appelle une demi-vie qui s’étale entre une heure et six jours », précise Richard Zimmermann, co-fondateur du projet Protherium. « Il faut donc les produire au fur et à mesure des besoins, c’est de l’artisanat presque. »

Cette production au jour le jour pourra être livrée dans un rayon maximum de 2000 km. Le projet Protherium, qui positionne un peu plus Nancy au cœur de la filière radiopharmaceutique internationale, repose aussi sur la création d’une école de formation aux métiers de la production de médicaments radiopharmaceutiques. Il devrait permettre la création d’une soixantaine d’emplois.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.