Washington a considérablement renforcé son arsenal protectionniste en 2025, étendant les droits de douane à un éventail de secteurs stratégiques et intensifiant les contrôles d’origine. Cette nouvelle approche, qui dépasse le simple conflit commercial avec la Chine, vise à protéger les industries américaines clés et redessine les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les droits de douane sur les véhicules électriques d’origine chinoise ont atteint un niveau record de 100 % en 2025, tandis que les cellules solaires sont désormais taxées à 50 % et les batteries lithium-ion à 25 % (depuis 2024). Les semi-conducteurs, essentiels à de nombreuses industries, sont également soumis à des droits de douane pouvant aller jusqu’à 50 % en vertu de mesures révisées de l’article 301. Ces mesures, combinées à celles de l’article 232, couvrent désormais plus de 350 milliards de dollars d’importations.
L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) est devenue un acteur central dans cette nouvelle configuration. En 2024, les importations américaines en provenance de l’ASEAN ont totalisé 352,1 milliards de dollars, témoignant de l’importance croissante de la région comme alternative à la Chine. Cependant, les États-Unis ont durci les règles concernant le transbordement, exigeant désormais une véritable valeur ajoutée et une origine vérifiable pour éviter les droits de douane.
Cette politique plus stricte vise à mettre fin aux pratiques consistant à simplement réacheminer des produits via l’ASEAN (Vietnam, Malaisie, Thaïlande) ou le Mexique pour contourner les taxes américaines. Les autorités américaines effectuent désormais des vérifications croisées rigoureuses des déclarations d’origine, s’appuyant sur des bases de données exhaustives sur les chaînes d’approvisionnement. Les entreprises pratiquant un assemblage minimal ou un simple réétiquetage s’exposent à des obligations de conformité rétroactives.
Ce changement marque un passage d’une approche ciblée à un protectionnisme systémique, affectant un nombre croissant de pays et de secteurs. Les entreprises doivent désormais s’adapter à un environnement commercial plus complexe et réglementé, où la conformité et la transparence sont primordiales.