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transformez vos rayons en armes accidentelles

Publié le 2024-02-29 10:00:00. La Chine ambitionne de capter l'énergie solaire dans l'espace et de la renvoyer sur Terre, une technologie qui suscite l'intérêt mondial mais soulève des questions de sécurité liées à la saturation de l'orbite terrestre…

transformez vos rayons en armes accidentelles

Publié le 2024-02-29 10:00:00. La Chine ambitionne de capter l’énergie solaire dans l’espace et de la renvoyer sur Terre, une technologie qui suscite l’intérêt mondial mais soulève des questions de sécurité liées à la saturation de l’orbite terrestre basse et au potentiel d’interférence avec d’autres satellites.

  • La Chine investit massivement dans le développement de centrales solaires spatiales, avec un objectif opérationnel dans la prochaine décennie.
  • Cette technologie promet une source d’énergie constante, une réduction de l’empreinte carbone et une meilleure distribution mondiale de l’électricité.
  • Des inquiétudes émergent quant à la possibilité que les faisceaux laser utilisés pour transmettre l’énergie puissent accidentellement endommager d’autres satellites.

Alors que l’énergie éolienne offshore est en plein essor en Europe du Nord, la Chine explore une voie radicalement différente pour répondre à ses besoins énergétiques : la récolte de l’énergie solaire directement dans l’espace. Ce projet ambitieux, qui consiste à déployer des fermes solaires en orbite terrestre basse (environ 36 000 km au-dessus de la Terre), représente un changement de paradigme dans la quête de sources d’énergie renouvelables.

L’idée de capter l’énergie solaire dans l’espace n’est pas nouvelle. Peter Glaser avait déjà esquissé ce concept dans les années 1960, envisageant alors l’utilisation de micro-ondes pour transmettre l’énergie. Cependant, les contraintes technologiques de l’époque rendaient ce projet irréalisable. Aujourd’hui, grâce aux avancées dans la réutilisation des fusées, aux matériaux légers et à la précision des lasers, cette vision prend une nouvelle dimension. Un panneau solaire test a même orbité avec succès pendant sept ans, confirmant la viabilité des parcs photovoltaïques spatiaux.

L’avantage majeur de cette approche réside dans l’absence d’atmosphère, permettant aux panneaux solaires de capter un spectre lumineux plus large et d’opérer avec une efficacité accrue. Ils ne sont pas affectés par les intempéries, la poussière ou la neige, garantissant ainsi une production d’énergie constante.

Plusieurs pays, dont la Chine, le Japon et les États-Unis, manifestent un intérêt croissant pour cette technologie. Une étude récente de la Harvard Technology Review souligne l’engagement de la Chine dans ce domaine, mais met également en garde contre les défis liés au coût initial élevé et à la transmission sans fil de l’énergie.

Le plan chinois est particulièrement ambitieux. Le pays a récemment achevé la construction de sa propre station spatiale et développe des technologies pour synchroniser les horloges lunaires et terrestres, ouvrant la voie à des missions plus complexes sur notre satellite. En quelques années, la Chine a réalisé des progrès considérables dans le domaine spatial, et le déploiement de satellites photovoltaïques s’inscrit dans cette stratégie de conquête spatiale.

Cependant, cette course à l’espace soulève des préoccupations en matière de sécurité. Le principal risque réside dans la possibilité que les faisceaux laser utilisés pour transmettre l’énergie puissent accidentellement endommager d’autres satellites. Une étude menée par l’Institute of Environmental Satellite Engineering de Pékin met en évidence ce danger, soulignant que des erreurs ou des événements imprévus pourraient entraîner une « attaque » contre d’autres satellites ou même des fusées en phase de lancement.

Les chercheurs avertissent qu’une surchauffe des panneaux solaires des satellites ciblés pourrait provoquer des dysfonctionnements et nécessiter des réparations coûteuses. Ce risque est d’autant plus élevé que les longueurs d’onde utilisées pour la transmission laser sont courtes, c’est-à-dire que le laser transporte une grande quantité d’énergie. Des tests en laboratoire ont confirmé ces vulnérabilités.

La saturation de l’orbite terrestre basse constitue un autre défi majeur. SpaceX a récemment obtenu l’autorisation de déployer 7 500 satellites supplémentaires, s’ajoutant aux 8 000 déjà en orbite. D’autres entreprises, comme Amazon, entrent également dans la course, sans oublier les satellites de géopositionnement, les satellites scientifiques et les débris spatiaux. Cette congestion croissante augmente le risque de collisions et d’interférences.

Parallèlement, des entreprises technologiques envisagent de déployer des centres de données dans l’espace, ce qui nécessiterait également une quantité importante d’énergie solaire. La Chine, qui a déjà investi massivement dans des fermes solaires terrestres et construit des prototypes au sol, semble déterminée à prendre la tête de cette nouvelle révolution énergétique.

Images | HTR

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.