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Tresses de peau: – c’est bien

by Clara Dubois

Publié le 30 septembre 2024 18h39. L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, artisan des accords de paix en Irlande du Nord, est au cœur d’un nouveau plan de paix pour Gaza orchestré par l’ancien président américain Donald Trump, une nomination paradoxale qui ravive les controverses liées à son passé, notamment l’invasion de l’Irak.

  • Tony Blair a été nommé par Donald Trump pour jouer un rôle central dans un organisme de transition international pour Gaza.
  • Cette nomination intervient après des années d’éloignement de la scène politique pour Blair, depuis sa sortie du pouvoir en 2007.
  • Le plan de paix de Trump vise à mettre fin à la guerre à Gaza, mais suscite des réactions mitigées et des doutes quant à sa faisabilité.

Après avoir mis fin à trois décennies de conflit en Irlande du Nord avec les Accords du Vendredi saint en 1998, Tony Blair se retrouve propulsé au centre d’une nouvelle tentative de résolution du conflit israélo-palestinien. Cette fois, c’est Donald Trump qui le sollicite pour mener à bien son projet de plan de paix pour Gaza. Une ironie du sort, selon les observateurs, compte tenu du contraste entre la réussite en Irlande du Nord et la décision controversée d’envahir l’Irak en 2003.

Le plan de paix de Trump, présenté lundi, prévoit notamment la libération de tous les otages, vivants ou décédés, dans les 72 heures suivant sa publication, ainsi que le retrait des forces israéliennes et la libération de prisonniers palestiniens. Il stipule également que le Hamas n’aura aucun rôle dans la gestion future de Gaza. Selon la Maison Blanche, l’accord permettrait de mettre fin immédiatement à la guerre.

L’expert britannique Erik Mustad, chercheur à l’Université d’Agder, souligne le paradoxe de cette nomination : « C’est et restera le paradoxe de Tony Blair. C’est une nomination controversée à tous les égards. Blair n’est pas une figure unificatrice, mais Trump n’aurait jamais demandé à une figure unificatrice. » Il ajoute que Blair a accepté cette mission, peut-être pour retrouver une place sur la scène internationale après des années d’éloignement.

La nomination a suscité des réactions contrastées, allant de la condamnation à l’étonnement, même au sein du parti travailliste britannique. Un parlementaire britannique, cité par le Financial Times, a déclaré : « Personnellement, je pense que c’est une idée terrible, et je pense que beaucoup de mes collègues qui se soucient profondément de la Palestine penseront également que c’est une idée terrible. »

Mustad estime que la nomination de Blair s’inscrit dans une logique de dictée aux Palestiniens : « C’est en pratique une dictée avec le Hamas. Ce que les États-Unis disent, c’est que le Hamas doit accepter l’accord ou faire face à un massacre complet de Gaza. C’est une déclaration assez sauvage. » Il rappelle que le succès des accords de paix en Irlande du Nord reposait sur l’inclusion des groupes terroristes dans les négociations.

Depuis son départ du pouvoir en 2007, Tony Blair a occupé le poste d’envoyé spécial pour le Moyen-Orient et a dirigé son propre institut, se consacrant à la diplomatie et au conseil aux gouvernements. Il a ainsi continué à jouer un rôle, bien que discret, sur la scène internationale. Selon Mustad, Blair a besoin de cette visibilité : « Il est bon pour faciliter les conversations entre les parties en conflit. Blair est également une personne de confiance aux États-Unis, compte tenu de son histoire avec Bill Clinton et George W. Bush. »

Cependant, l’expert nuance son optimisme, soulignant que le plan de Trump n’est qu’un projet et que son succès dépendra de l’acceptation des deux parties. « Il est important de souligner qu’il s’agit d’un plan – pas d’un accord. Un accord doit être approuvé par les deux parties, et le Hamas n’acceptera jamais une démilitarisation complète s’il ne reçoit aucune contrepartie », conclut-il.

Conférence de presse : le président américain Donald Trump a présenté lundi soir son plan de paix pour Gaza, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Vidéo : Reuters.

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