Home SantéTrois sociétés scientifiques latino-américaines mettent en garde contre les risques liés à la vaccination dans la région

Trois sociétés scientifiques latino-américaines mettent en garde contre les risques liés à la vaccination dans la région

by Sophie Martin

Publié le 14 octobre 2025 à 19h39. Des organisations scientifiques latino-américaines expriment leur vive inquiétude face au renouvellement complet du comité consultatif américain sur les vaccins, craignant un affaiblissement des politiques de santé publique fondées sur des données probantes.

  • L’Association panaméricaine des maladies infectieuses (API), la Société latino-américaine d’infectologie pédiatrique (SLIPE) et la Société latino-américaine de vaccinologie (SLV) ont publiquement rejeté le remplacement total des membres du Comité consultatif des pratiques vaccinales (ACIP) des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) des États-Unis.
  • Les entités signataires craignent que les nouvelles orientations de l’ACIP, dont les positions sur la sécurité et l’efficacité des vaccins suscitent des interrogations, ne compromettent la confiance dans les programmes de vaccination à l’échelle mondiale.
  • Elles soulignent l’importance cruciale d’institutions comme l’ACIP, le Groupe consultatif technique de l’Organisation panaméricaine de la santé (TAG, PAHO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans l’élaboration de stratégies vaccinales efficaces.

Les organisations scientifiques latino-américaines tirent la sonnette d’alarme après la récente composition remaniée du Comité consultatif des pratiques vaccinales (ACIP) des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) des États-Unis. L’API, la SLIPE et la SLV ont conjointement publié une déclaration dénonçant ce remplacement total de ses membres, estimant qu’il pourrait avoir des conséquences néfastes sur la santé publique mondiale.

Selon les entités signataires, la nomination de nouveaux membres à l’ACIP, dont les positions concernant la sécurité et l’efficacité des vaccins sont jugées préoccupantes, menace de saper les politiques de vaccination fondées sur des preuves scientifiques solides. Elles craignent que cette situation n’érode la confiance du public dans les vaccins et ne mette en péril la pérennité des programmes de vaccination à travers le monde.

L’ACIP, le Groupe consultatif technique de l’Organisation panaméricaine de la santé (TAG, PAHO) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont des références internationales en matière de stratégies vaccinales. Leur expertise a contribué à accroître la couverture vaccinale, à prévenir les épidémies et à réduire la morbidité et la mortalité dues aux maladies évitables par la vaccination. Les organisations craignent qu’un affaiblissement de ces institutions n’entraîne un recul des progrès réalisés.

Les organisations mettent en garde contre une modification soudaine de ces processus, qui sont appréciés pour leur transparence et leur caractère participatif. Elles estiment qu’une telle modification pourrait miner la confiance du public, créer des lacunes dans la prise de décision clinique et accroître le risque de revers en matière de santé. Elles soulignent également l’importance d’investir dans la chaîne du froid, les enregistrements électroniques et les réseaux de surveillance des maladies évitables par la vaccination, ainsi que dans la formation continue des équipes de santé.

Elles insistent sur la nécessité de renforcer les systèmes de vaccination pour couvrir toutes les étapes de la vie, en particulier pour les enfants et les adolescents, en visant une couverture vaccinale supérieure à 90 % pour les vaccins essentiels et en réduisant le nombre d’enfants non vaccinés. Elles soulignent également l’importance de garantir l’accès aux vaccins recommandés pour les femmes enceintes, tels que ceux contre la grippe, la coqueluche (Tdap), la COVID-19 et le virus respiratoire syncytial, afin de protéger à la fois la mère et le nouveau-né, dans une région qui compte plus de 10 millions de grossesses par an.

En ce qui concerne les adultes, elles appellent au renforcement des programmes spécifiques et des campagnes durables de rappel, ainsi que des programmes visant à lutter contre la grippe, le pneumocoque, le zona, le virus respiratoire syncytial et la COVID-19, adaptés aux groupes à risque. Elles recommandent également d’intégrer la vaccinologie comme matière essentielle dans les programmes d’études de médecine, d’infirmières et d’autres professions de santé, tant au niveau du premier cycle que des cycles supérieurs, ainsi que dans la formation continue des spécialistes.

Les organisations appellent les gouvernements, les organisations de santé et la société civile en Amérique latine à défendre l’indépendance et la force des comités consultatifs, à augmenter et à allouer des ressources adéquates à la couverture vaccinale à tous les âges, à soutenir la prise de décision fondée sur les meilleures preuves scientifiques et à soutenir conjointement les actions visant à lutter contre la désinformation et à renforcer la confiance sociale dans les calendriers de vaccination. Elles soulignent que sans systèmes de vaccination solides et sans décisions fondées sur la science, il existe un risque de nouvelles épidémies et de revers en matière de santé publique.

La coopération régionale et

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