Publié le 18 juillet 2024. L’Afrique vibre au rythme de ses propres sons, et ces mélodies s’exportent désormais aux quatre coins du monde. Le Monde explore trois genres musicaux africains qui font danser une nouvelle génération : l’afrobeats nigérian, l’amapiano sud-africain et le raï algérien.
- L’afrobeats, né à Lagos, est porté par des artistes comme Burna Boy, Wizkid et Rema, et se caractérise par un mélange d’R’n’B, de hip-hop et de musiques traditionnelles.
- L’amapiano, originaire des townships de Johannesburg, est un style house et électro lent, rythmé par des synthétiseurs, qui inspire des chorégraphies virales sur les réseaux sociaux.
- Le raï algérien, né à la fin du XIXe siècle, est un chant populaire en arabe qui aborde des thèmes tels que la liberté, le désir et la transgression.
L’Afrique est un véritable creuset musical, et ses rythmes influencent de plus en plus la scène internationale. Ces genres, bien que distincts, partagent une capacité à fusionner les traditions locales avec des sonorités modernes, créant ainsi un son unique et captivant.
L’afrobeats nigérian : une explosion de talents
L’afrobeats, il est important de le préciser, ne doit pas être confondu avec l’afrobeat créé par le musicien nigérian Fela Kuti. L’afrobeats est apparu dans les années 2000 à Lagos, la métropole nigériane, et a rapidement propulsé des artistes sur la scène mondiale. Rema, Burna Boy, Ayra Starr et Wizkid sont parmi les figures de proue de ce mouvement.
Ce style musical se distingue par son mélange éclectique d’influences : R’n’B, hip-hop et diverses musiques traditionnelles nigérianes. Les paroles sont souvent chantées en anglais, mais aussi en yoruba ou en pidgin nigérian, reflétant la diversité linguistique du pays. Pour amplifier sa portée internationale, les artistes afrobeats multiplient les collaborations avec des artistes francophones et anglophones, tels qu’Aya Nakamura, Selena Gomez, Coldplay ou Tiakola.
L’amapiano sud-africain : le son des townships
Le terme « amapiano » signifie littéralement « piano » en zoulou, l’une des onze langues officielles d’Afrique du Sud. Ce mélange de house et d’électro a émergé au début des années 2010 dans les rues et les townships de Johannesburg. Caractérisé par un tempo relativement lent et une utilisation abondante de synthétiseurs, l’amapiano est avant tout une musique qui invite à la danse. Ses chorégraphies, souvent partagées sur les réseaux sociaux, deviennent rapidement virales, aussi bien en soirée que lors de festivals.
Le raï algérien : un héritage de liberté
Né entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle dans l’ouest de l’Algérie, le raï est un chant populaire en arabe, traditionnellement interprété par des Bédouins. Ce genre musical est souvent associé à des thèmes de liberté et aborde le quotidien avec une franchise parfois provocatrice. Les paroles du raï n’hésitent pas à évoquer le désir, la sexualité et la transgression. Dès les années 1950, des femmes se sont appropriées ce style musical, avec Cheikha Remitti comme l’une de ses pionnières.
Pour approfondir votre connaissance de l’afrobeats, la série en cinq épisodes « Dans les coulisses de l’afrobeats » est une excellente ressource. Le premier épisode est disponible ici.
« Comprendre en trois minutes »
Les vidéos explicatives qui composent la série « Comprendre en trois minutes » sont produites par le service Vidéos verticales du Monde. Diffusées en premier lieu sur les plateformes telles que TikTok, Snapchat, Instagram et Facebook, elles ont pour objectif de remettre en contexte les grands événements dans un format court et de rendre l’actualité accessible à tous.
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