Publié le 31 octobre 2024 04:00:00. En réponse à des essais d’armement nucléaire russe, l’ancien président américain Donald Trump a annoncé son intention de reprendre les essais nucléaires américains, une décision qui pourrait relancer la course aux armements et stimuler le secteur de l’énergie nucléaire.
- Donald Trump a ordonné au Pentagone de préparer des essais d’armes nucléaires américains.
- Cette annonce intervient après que la Russie a testé des drones sous-marins à propulsion nucléaire et des missiles de croisière.
- Trois entreprises américaines spécialisées dans l’énergie nucléaire pourraient bénéficier d’un regain d’intérêt et d’investissements.
L’annonce de Donald Trump, faite sur son réseau social Truth Social, constitue une réplique directe aux récentes démonstrations de force nucléaire de la Russie. « Compte tenu des projets d’essais nucléaires d’autres pays, j’ai ordonné au ministère de la Défense de lancer immédiatement le processus d’essais nucléaires », a-t-il écrit. La Russie a récemment mené des essais de drones lance-torpilles fonctionnant à l’énergie nucléaire, ainsi que des tests de missiles de croisière à longue portée.
Les États-Unis n’ont pas procédé à une explosion nucléaire d’essai depuis 1992, la Russie depuis 1990. Cependant, les États-Unis continuent de vérifier l’efficacité de leur arsenal nucléaire par le biais de simulations. La décision de Trump marque un changement significatif de politique et pourrait signaler une nouvelle phase de tensions dans les relations entre les États-Unis et la Russie.
Cette escalade intervient dans un contexte de relations déjà tendues, notamment après le retrait américain du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) en 2019, accusant la Russie d’en violer les termes. Ce retrait a mis fin aux efforts de désarmement nucléaire entre les deux pays. Au moment de l’annonce de Trump, les négociations de cessez-le-feu en Ukraine étaient également au point mort.
L’ancien président a déjà critiqué les essais de missiles de Moscou, les qualifiant d’« inappropriés » et appelant Vladimir Poutine à se concentrer sur la fin de la guerre en Ukraine, sans toutefois aborder directement les risques d’une escalade liée aux essais nucléaires.
Au-delà des implications géopolitiques, cette annonce pourrait avoir un impact positif sur le secteur de l’énergie nucléaire. Des analystes de Wall Street estiment que la reprise des essais nucléaires, combinée à la demande croissante d’électricité pour alimenter les centres de données, devrait stimuler ce secteur. L’énergie nucléaire est devenue la deuxième source mondiale d’électricité à faible émission de carbone l’année dernière, et la production américaine devrait quadrupler d’ici 2050.
Trois entreprises américaines se positionnent pour profiter de cette dynamique : Oklo, Centrus Energy et NuScale Power. Oklo, un développeur de petits réacteurs avancés, travaille sur des réacteurs à spectre rapide capables de fonctionner pendant dix ans sans ravitaillement et produisant 75 mégawatts (MW) pour les centres de données. Bien qu’elle n’ait pas encore réalisé de bénéfices, l’entreprise espère lancer son premier réacteur mi-2026 grâce à un programme d’approbation accéléré du gouvernement américain.
Centrus Energy, la seule entreprise américaine autorisée à produire du combustible HALEU (Highly Enriched Low-Assay Uranium), coopère avec Oklo depuis 2021. Ses revenus proviennent actuellement de la vente d’uranium faiblement enrichi (LEU), mais un accord avec le département américain de l’Énergie, renouvelable pour huit ans après juin 2026, devrait en faire le principal fournisseur américain de HALEU dans les dix prochaines années.
NuScale Power, quant à elle, est plus avancée dans son développement. Elle est la seule entreprise à avoir reçu l’approbation de conception de la Commission de réglementation nucléaire (NRC) des États-Unis pour ses petits réacteurs modulaires (SMR). Un projet de centrale SMR en Roumanie, en coopération avec RoPower, devrait être achevé mi-2026, ce qui constituerait le premier projet commercial de NuScale.
Ces trois entreprises sont confrontées à des défis de commercialisation, notamment la validation de la technologie, la maîtrise des coûts et les risques politiques. Néanmoins, elles représentent un nouvel axe de la « sécurité énergétique » qui pourrait attirer l’attention des marchés financiers suite à l’annonce de Trump.