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La liberté des médias en Bulgarie s’effondre

Publié le 31 octobre 2025 14h14. La liberté des médias en Bulgarie est menacée par une polarisation politique croissante, des faiblesses institutionnelles et des pressions juridiques, selon un rapport alarmant publié par plusieurs organisations internationales. Le rapport met…

La liberté des médias en Bulgarie s’effondre

Publié le 31 octobre 2025 14h14. La liberté des médias en Bulgarie est menacée par une polarisation politique croissante, des faiblesses institutionnelles et des pressions juridiques, selon un rapport alarmant publié par plusieurs organisations internationales.

  • Le rapport met en évidence des risques de recul de la liberté de la presse, notamment à travers des tentatives de restrictions législatives.
  • La gestion des médias publics bulgares est fragilisée par des blocages institutionnels et un manque de garanties d’indépendance.
  • Les journalistes d’investigation sont particulièrement vulnérables face aux poursuites judiciaires abusives (SLAPP).

Une étude récente, fruit du travail de neuf organisations internationales dont ARTICLE 19 Europe, l’Association des journalistes européens, l’Union européenne de radiodiffusion (UER), la Fédération européenne des journalistes (FEJ), l’Institut international de la presse (IPI) et Reporters sans frontières (RSF), dresse un tableau préoccupant de la situation des médias en Bulgarie. Le rapport, intitulé « Bulgarie : les progrès fragiles dans le domaine de la liberté des médias risquent de reculer sans réformes urgentes », souligne les défis majeurs auxquels sont confrontés les journalistes et le pluralisme de l’information dans le pays.

La polarisation politique, exacerbée par un manque d’institutions stables et de mécanismes de protection efficaces, est identifiée comme un facteur clé de l’hostilité à l’égard des journalistes. Un exemple récent illustre cette tendance : en octobre 2025, une proposition de modification du Code pénal prévoyait des peines pouvant aller jusqu’à six ans de prison pour les journalistes publiant des données personnelles sans consentement. Face à une forte opposition publique, le projet de loi a finalement été retiré, mais cet épisode témoigne de la fragilité des libertés fondamentales.

La situation des médias publics, en particulier de la BNT (télévision nationale bulgare) et du CEM (Conseil des médias électroniques), est également source d’inquiétude. Des procédures infructueuses pour l’élection d’un directeur général de la BNT, combinées à une série de recours en justice, ont laissé l’entreprise sous direction intérimaire pendant plus de trois ans, sapant la confiance du public et remettant en question son indépendance. Malgré une augmentation du financement public, les ressources demeurent insuffisantes et l’absence de garanties juridiques expose les médias publics à des pressions politiques.

Le rapport alerte également sur le risque croissant de poursuites stratégiques (SLAPP) à l’encontre des médias d’investigation et des journalistes travaillant sur des sujets sensibles tels que la corruption et le crime organisé. L’absence de décriminalisation totale de la diffamation et la possibilité d’utiliser le droit pénal à des fins de pression constituent des obstacles majeurs à la liberté de la presse.

La confiance du public dans les médias en Bulgarie reste l’une des plus faibles de l’Union européenne. Cette méfiance est alimentée par l’absence d’une stratégie nationale de lutte contre la désinformation, des lacunes en matière de déontologie journalistique et des conditions de travail précaires. Ces facteurs créent un environnement propice à la propagation de fausses nouvelles et de propagande.

Pour remédier à cette situation, le rapport formule plusieurs recommandations, notamment : la mise en œuvre immédiate de la loi européenne sur la liberté des médias (EMFA), la décriminalisation totale de la diffamation et la protection efficace contre les poursuites-bâillons, la garantie de l’indépendance du CEM et des médias publics, la mise en place d’un mécanisme transparent de distribution de la publicité publique et la création d’une stratégie nationale contre la désinformation.

Une délégation internationale représentant les organisations ayant participé à l’étude a rencontré plusieurs hauts responsables bulgares, dont le président Roumen Radev, des représentants des ministères de la Justice et de l’Intérieur, le bureau du procureur, les services de sécurité de l’État, ainsi que des responsables de la BNT et de la BNR. Des échanges ont également eu lieu avec des représentants de la société civile et du corps diplomatique.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.