Home NouvellesTrump affirme que les États-Unis sont “responsables” du Venezuela et Maduro est attendu devant le tribunal lundi

Trump affirme que les États-Unis sont “responsables” du Venezuela et Maduro est attendu devant le tribunal lundi

by Nicolas Lefèvre

Washington – L’opération secrète menée par l’administration américaine pour tenter de destituer le président vénézuélien Nicolás Maduro suscite une vive controverse aux États-Unis, notamment au sein du Congrès. Le représentant Jim Himes, figure de proue des démocrates à la commission du renseignement de la Chambre des représentants, a dénoncé une action « manifestement illégale » au regard du droit international et de la Constitution américaine.

Selon Himes, cette tentative d’intervention pose un problème de précédent dangereux. « Réfléchissez à ce que la Russie et la Chine viennent d’apprendre », a-t-il déclaré lors de l’émission « Face the Nation with Margaret Brennan ». « Elles viennent d’apprendre que tout ce qu’il faut faire pour justifier une action en Estonie, c’est de qualifier le dirigeant estonien de personne indésirable. Il n’est même pas nécessaire de présenter un dossier solide. » Himes craint que cet épisode n’encourage des interventions similaires de la part de ces pays, notamment à Taïwan ou dans d’autres régions où leurs intérêts sont en jeu.

Le représentant du Connecticut a également souligné le manque de consultation du Congrès, une violation selon lui de la Constitution. « La Constitution est assez claire : les représentants du peuple doivent être consultés et approuver toute action militaire », a-t-il affirmé. « Or, cela n’a absolument pas été le cas ici. » Himes s’est dit surpris de constater que le président de la commission sénatoriale du renseignement, Tom Cotton, semblait avoir été tenu informé de l’opération, contrairement aux membres démocrates de la Chambre des représentants.

« Apparemment, nous sommes désormais dans un monde où l’obligation légale de tenir le Congrès informé ne s’applique qu’à votre parti », a-t-il ironisé. Himes a mis en garde contre un sentiment d’euphorie face à cette opération, comparant la situation actuelle aux interventions militaires américaines en Afghanistan (2001), en Irak (2003) et en Libye (2011). « Nous avons vécu des moments d’euphorie après la victoire initiale, mais nous avons ensuite constaté qu’il est beaucoup plus facile de déstabiliser un pays que de le reconstruire », a-t-il rappelé, faisant référence aux promesses non tenues du président américain concernant le Venezuela.

Himes a précisé qu’il n’existait, à son avis, aucune justification valable pour cette intervention. « Aucun expert en sécurité nationale n’a affirmé, il y a trois semaines, que le Venezuela constituait une menace mortelle pour les États-Unis », a-t-il souligné. Il a critiqué l’absence de débat public et la légèreté avec laquelle certains responsables semblent aborder la question de l’interventionnisme.

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