Publié le 16 octobre 2025 03:01:00. L’administration américaine envisage une escalade de son intervention contre le trafic de drogue au Venezuela, autorisant des opérations secrètes de la CIA et menaçant d’attaques militaires, suscitant l’inquiétude de Caracas et des organisations de défense des droits de l’homme.
- Le président Trump évalue la possibilité de mener des attaques contre le trafic de drogue sur le territoire vénézuélien.
- L’administration américaine a autorisé la CIA à mener des opérations secrètes au Venezuela.
- Le président vénézuélien Nicolas Maduro dénonce une menace de coup d’État et appelle à la résistance.
Washington intensifie la pression sur le Venezuela dans sa lutte contre le trafic de drogue, allant jusqu’à envisager des actions militaires directes et des opérations clandestines. Cette escalade intervient après le naufrage de plusieurs navires soupçonnés de trafic de stupéfiants en mer, et suscite des réactions vives de la part de Caracas.
Selon des informations révélées par le New York Times et confirmées par le président Trump, la CIA a reçu l’autorisation de mener des opérations secrètes au Venezuela. Trump a justifié cette décision en soulignant l’afflux croissant de personnes et de drogues en provenance du pays voisin.
« Nous pensons certainement maintenant à la terre, car nous avons déjà la mer sous contrôle. »
Donald Trump, président des États-Unis
Le président Trump a également affirmé que de nombreuses drogues vénézuéliennes entraient par voie maritime, mais que des mesures seraient prises pour intercepter les flux terrestres. Il a souligné que le Venezuela était soumis à une pression croissante et que les opérations navales américaines avaient permis de sécuriser les eaux environnantes.
En réponse à ces déclarations, Nicolas Maduro a fermement condamné toute tentative de coup d’État orchestré par la CIA. Il a appelé à la vigilance et à la résistance, établissant un parallèle avec les interventions passées de l’agence américaine en Amérique latine.
« Non à la guerre dans les Caraïbes, non à la guerre en Amérique du Sud, oui à la paix. Non au changement de régime qui nous rappelle tant les guerres éternelles ratées en Afghanistan, en Iran, en Irak et en Libye. »
Nicolas Maduro, président du Venezuela
Maduro a également dénoncé les 30 000 disparus lors des coups d’État soutenus par la CIA en Argentine, soulignant les conséquences tragiques des interventions américaines dans la région. Il a appelé à la mobilisation de tous les secteurs de la société vénézuélienne pour défendre la souveraineté du pays.
Parallèlement, le gouvernement vénézuélien a annoncé le lancement du plan « Independencia 200 » dans les États frontaliers de Táchira, Apure et Amazonas, limitrophes de la Colombie. Ce plan vise à renforcer la défense du pays et à contrer les menaces potentielles. Les Zones Opérationnelles de Défense Intégrale (ZODI) seront activées dans ces régions, en plus des déploiements déjà en cours dans d’autres zones du pays.
Les opérations américaines dans les Caraïbes, qui ont débuté en août dernier, ont également suscité des critiques de la part de sénateurs démocrates au Sénat américain. Ils mettent en garde contre le recours excessif à la force militaire sans autorisation législative et demandent des comptes sur les victimes civiles potentielles.
L’Union américaine des libertés civiles (ACLU) et le Center for Constitutional Rights ont demandé au Pentagone des informations sur ces opérations, notamment la directive autorisant l’utilisation de la force militaire contre les cartels de la drogue latino-américains, considérés par l’administration Trump comme des « organisations terroristes ».
« Toutes les preuves disponibles suggèrent que les attaques meurtrières du président Trump dans les Caraïbes constituent purement et simplement un meurtre. »
Jeffrey Stein, avocat du projet de sécurité nationale de l’ACLU
L’ACLU et le Center for Constitutional Rights exigent une transparence totale sur les justifications légales de ces attaques et un examen public immédiat de leur légalité.