Publié le 15 janvier 2024 10:30:00. Le Forum économique mondial de Davos s’ouvre ce lundi dans un contexte géopolitique tendu, marqué par les ambitions américaines au Groenland et une forte présence de dirigeants mondiaux face à des défis économiques et sécuritaires majeurs.
- Donald Trump devrait être au centre de l’attention à Davos, notamment en raison de ses propositions d’achat du Groenland et des potentielles représailles douanières contre plusieurs pays européens.
- Le Forum réunira un nombre record de chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des figures clés du monde économique et financier.
- Les tensions au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine et le développement de l’intelligence artificielle figurent parmi les principaux thèmes à l’agenda.
L’arrivée de Donald Trump à Davos s’annonce mouvementée. Le président américain a menacé plusieurs pays européens – le Danemark, l’Allemagne, la Norvège, le Royaume-Uni, la France, la Suède, les Pays-Bas et la Finlande – d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 25 % en raison de leur participation à des exercices militaires au Groenland. Il a également réitéré son intérêt pour l’acquisition de la grande île arctique, une proposition qui a suscité l’indignation à Copenhague.
Outre le président français Emmanuel Macron, le président finlandais Alexander Stubb et le chancelier allemand Friedrich Merz, le Forum accueillera le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Cette dernière a déjà averti que de telles mesures douanières pourraient nuire aux relations transatlantiques.
Le Forum économique mondial (FEM), qui se déroulera jusqu’à vendredi, se tient “dans le contexte géopolitique le plus complexe depuis 1945”, a souligné Borge Brende, président et conseiller du FEM, lors de la présentation de l’agenda de l’événement. L’institution, qui organise cette rencontre annuelle des dirigeants mondiaux depuis 1971, a choisi comme thème central cette année “l’esprit de dialogue”, estimant que, face à la montée des tensions et à la remise en question du multilatéralisme, le dialogue est devenu une nécessité.
Cette édition intervient également après des événements récents tels que l’opération militaire américaine au Venezuela et les manifestations en Iran, réprimées avec force par le régime. Elle coïncide également avec le premier anniversaire du second mandat de Donald Trump.
Les États-Unis seront représentés à Davos par une délégation particulièrement importante, comprenant au moins cinq secrétaires d’administration. La Chine, deuxième économie mondiale, enverra également une délégation de haut niveau, dirigée par le vice-Premier ministre Liu He. Parmi les autres chefs d’État et de gouvernement attendus, on compte le Premier ministre canadien Mark Carney, le président argentin Javier Milei, le président panaméen José Raúl Mulino, le président équatorien Daniel Noboa et le secrétaire général des Nations unies, António Guterres.
La délégation espagnole sera composée de la troisième vice-présidente du gouvernement, Sara Aagesen, des ministres des Affaires étrangères, José Manuel Albares, et de l’Économie, Carlos Body, ainsi que de la présidente de Banco Santander, Ana Patricia Botín, et du président de Telefónica, Marc Murtra.
Le gouvernement suisse a mis en place un dispositif de sécurité exceptionnel pour cette édition, mobilisant police, armée, services de renseignement et forces fédérales en raison de la participation record de plus de 60 chefs d’État et de gouvernement et de l’annonce de plusieurs manifestations.
L’armée suisse déploiera 5000 soldats pour soutenir les forces de police et assurer le transfert des principaux dirigeants vers Davos, une ville située dans les Alpes suisses. L’espace aérien sera partiellement fermé pendant la durée du Forum.
Outre l’Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, le Forum abordera également des enjeux économiques majeurs. La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, Satya Nadella, PDG de Microsoft, le président de BlackRock, Larry Fink, et le PDG de Nvidia, Jensen Huang, seront présents pour discuter du développement de l’intelligence artificielle, de la puissance économique des États-Unis, de la Chine et de l’Inde, des défis du secteur bancaire et des menaces qui pèsent sur le secteur énergétique. Les participants présenteront vendredi leurs prévisions économiques et les principaux risques géopolitiques pour 2026.
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