L’ancien président américain Donald Trump a ouvertement envisagé des frappes militaires au Mexique et une intervention directe en Colombie, dans le cadre d’une escalade potentielle de la lutte contre les cartels de la drogue. Ses déclarations, faites lundi, suscitent des inquiétudes quant à une possible violation de la souveraineté de ces pays et à une déstabilisation régionale.
Interrogé sur la possibilité d’envoyer des troupes ou de lancer des opérations militaires au Mexique, Trump a répondu sans hésitation : « Est-ce que je lancerais des frappes au Mexique pour arrêter la drogue ? Oui, peu importe ce que nous devons faire pour arrêter la drogue. » Il a souligné la gravité de la situation, affirmant avoir constaté « de gros problèmes » au Mexique lors d’un récent examen de la situation.
Face à la question de savoir s’il obtiendrait l’autorisation du gouvernement mexicain avant d’agir, Trump s’est refusé à répondre. Il a cependant précisé avoir déjà discuté de sa position avec les autorités mexicaines, qui seraient conscientes de ses intentions. « Nous connaissons chaque itinéraire, chaque adresse de baron de la drogue », a-t-il affirmé, ajoutant avec conviction : « Ils tuent notre peuple. C’est comme une guerre. J’en serais fier. »
Au-delà du Mexique, Trump a également exprimé son intention de cibler les usines de cocaïne en Colombie. « La Colombie a des usines de cocaïne, où ils fabriquent de la cocaïne. Est-ce que je ferais tomber ces usines ? Je serais fier de le faire personnellement », a-t-il déclaré.
Ces déclarations interviennent alors que l’administration Trump avait déjà planifié, selon des informations de NBC News, une nouvelle campagne impliquant le déploiement de troupes et d’agents du renseignement américains au Mexique pour cibler les cartels. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a toutefois réaffirmé qu’aucune action militaire américaine ne se déroulerait sur son territoire sans son accord.
Par ailleurs, Trump a évoqué la possibilité de négocier avec le président vénézuélien Nicolás Maduro, dans le contexte d’une pression accrue des États-Unis sur le Venezuela, notamment en désignant le Cartel de los Soles, que l’administration américaine accuse d’être dirigé par Maduro, comme organisation terroriste étrangère. Interrogé sur l’éventualité d’un déploiement de troupes au Venezuela, il n’a pas exclu cette option : « Je n’exclus rien. Nous devons juste nous occuper du Venezuela. »
L’administration Trump avait déjà mené près de vingt frappes contre des navires soupçonnés de transporter des stupéfiants dans la région du Venezuela, causant la mort de plus de 80 personnes, dont des citoyens colombiens. Ces actions avaient provoqué une vive réaction du président colombien Gustavo Petro, qui avait dénoncé les frappes et rompu les relations diplomatiques avec Trump, ce dernier qualifiant Petro de « leader de la drogue » et imposant des sanctions à son encontre.