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Trump fait pression sur le Venezuela pour qu’il « rompe ses liens avec la Chine »… Comment la Chine s’en sortira-t-elle ?

Publié le 7 janvier 2026. Washington exercerait une pression croissante sur le Venezuela pour qu'il rompe ses liens économiques avec la Chine et la Russie, une manœuvre qui pourrait remodeler les flux pétroliers et tester les relations sino-américaines.…

Trump fait pression sur le Venezuela pour qu’il « rompe ses liens avec la Chine »… Comment la Chine s’en sortira-t-elle ?

Publié le 7 janvier 2026. Washington exercerait une pression croissante sur le Venezuela pour qu’il rompe ses liens économiques avec la Chine et la Russie, une manœuvre qui pourrait remodeler les flux pétroliers et tester les relations sino-américaines.

  • Les États-Unis exigeraient du Venezuela qu’il expulse des responsables chinois, russes, cubains et iraniens.
  • Washington souhaiterait que le Venezuela privilégie l’exportation de son pétrole brut vers les États-Unis.
  • La Chine, principal importateur de pétrole vénézuélien, pourrait voir ses intérêts menacés.

Selon des informations rapportées par le réseau américain ABC, l’administration américaine aurait soumis au Venezuela une série de demandes conditionnant une éventuelle amélioration des relations bilatérales. Parmi ces exigences figurent l’expulsion de représentants de plusieurs pays, dont la Chine, la Russie, Cuba et l’Iran, ainsi qu’une rupture des liens économiques existants. L’objectif principal serait de rediriger les exportations pétrolières vénézuéliennes vers les raffineries américaines, avec un traitement préférentiel accordé aux États-Unis dans les futures ventes de pétrole lourd.

Reuters a également fait état de discussions en cours entre les gouvernements vénézuélien et américain concernant l’exportation de pétrole brut vénézuélien vers les États-Unis. Un accord pourrait entraîner un détournement significatif des volumes de pétrole actuellement destinés à la Chine.

La Chine est le premier importateur de pétrole brut vénézuélien depuis une décennie, absorbant environ 80 % de la production pétrolière du pays, soit une estimation de 200 000 à 500 000 barils par jour. Ces importations contribuent en partie au remboursement des prêts consentis par la Chine au Venezuela, qui dépassent les 100 milliards de dollars depuis l’an 2000, selon les données d’Aid Data, un organisme lié au Collège William & Mary.

La coopération sino-vénézuélienne s’est renforcée depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez en 1999. En 2023, les deux pays ont élevé leur relation au rang de « partenariat stratégique global à toute épreuve », le plus haut niveau de coopération diplomatique pour la Chine.

Les sanctions américaines imposées au secteur pétrolier vénézuélien ont accru la dépendance de Caracas à l’égard de Pékin, permettant à la Chine d’étendre son influence en Amérique latine, notamment en utilisant le Venezuela comme point d’ancrage. Cependant, la part du pétrole vénézuélien dans les importations chinoises ne représente que moins de 5 % du total.

Selon Michal Meydan, expert en énergie à l’Oxford Energy Institute, les petites raffineries indépendantes chinoises pourraient être les plus touchées par un éventuel changement de régime à Caracas, comme l’a rapporté le Financial Times. Néanmoins, la Chine aurait déjà réduit ses investissements au Venezuela depuis 2019.

Pékin s’inquiète surtout de la possible érosion de ses relations avec d’autres pays d’Amérique latine qui avaient manifesté leur intérêt pour une coopération à long terme. Le Brésil, le Chili et le Pérou entretiennent des liens économiques avec la Chine dans les domaines des ressources, de la logistique, des infrastructures et de l’agriculture. Plus récemment, la Bolivie et l’Argentine, gouvernés par des administrations de droite, auraient suspendu ou retiré leur coopération avec la Chine.

La Chine, qui espérait stabiliser ses relations bilatérales avant le sommet sino-américain d’avril, se retrouve ainsi prise au dépourvu. Les pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud devraient adopter une « stratégie patiente », en condamnant les États-Unis pour violation du droit international et en attendant que la situation évolue.

« La Chine s’abstiendra de toute réaction émotionnelle à la situation au Venezuela et tentera de condamner les États-Unis et de montrer qu’elle respecte le droit international. »

Ryan Haas, directeur du China Center de la Brookings Institution

Hu Xijin, commentateur chinois, a déclaré sur les réseaux sociaux : « Peu importe la manière dont le Venezuela change, il restera probablement l’ami de la Chine. »

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Maoning, a réagi lors d’une conférence de presse régulière en affirmant : « La Chine s’oppose aux forces extérieures qui s’ingèrent dans les affaires intérieures du Venezuela sous quelque prétexte que ce soit », et a appelé les États-Unis à libérer le président Maduro et son épouse et à résoudre le problème par le dialogue et les négociations.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.