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Guerre ouverte en Éthiopie : le TPLF s’empare de trois aéroports

Le Front de libération du peuple du Tigré mène une guerre de grande envergure contre le gouvernement fédéral éthiopien après avoir pris le contrôle de plusieurs aéroports.

Fighting erupts between Tigray’s rebel alliance and Ethiopia’s military

Le Front de libération du peuple du Tigré mène une guerre de grande envergure contre le gouvernement fédéral éthiopien après avoir pris le contrôle de plusieurs aéroports. Cette escalade, signalée fin septembre 2026, brise l’accord de paix de Pretoria de 2022 et provoque des déplacements massifs de civils dans le nord du pays.

L’offensive militaire du TPLF et les combats dans l’Afar

Les affrontements armés ont repris avec intensité dans le nord de l’Éthiopie, marquant le passage à ce que les autorités tigréennes qualifient de guerre ouverte. Les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré se sont emparés de trois aéroports administrés par la police fédérale et ont étendu leurs opérations dans les États voisins de l’Afar et de l’Amhara.

Dans la région de l’Afar, les combats se sont concentrés autour de la ville de Yallo et de la localité d’Erebti, tombée aux mains des forces rebelles après des tirs d’artillerie lourde. Cette progression en direction d’Afdeera menace directement les axes logistiques vitaux du pays.

Amanuel Assefa, vice-président du TPLF, a déclaré que le TPLF se trouvait dans une situation de guerre totale.

Guerre ouverte en Éthiopie : le TPLF s'empare de trois aéroports
Photo : bangkokpost.com

Le TPLF a rejoint six autres groupes armés pour former l’Alliance des peuples éthiopiens pour la survie, cherchant à renverser le Premier ministre Abiy Ahmed et à installer une administration de transition. Le TPLF a dirigé l’ensemble de l’Éthiopie de 1991 à 2018 avant d’être écarté du pouvoir avec l’ascension du Premier ministre Abiy Ahmed, déclenchant par la suite la guerre civile.

Les analystes soulignent que cette stratégie rappelle celle déployée lors du précédent conflit de 2020-2022. L’offensive vise à couper les voies d’approvisionnement cruciales, notamment le corridor reliant l’Éthiopie à Djibouti, par lequel transite la quasi-totalité du commerce international et du carburant du pays.

Éthiopie : "combats intenses" entre les rebelles du Tigré et les forces fédérales • FRANCE 24

Accusations régionales et ruptures diplomatiques à Addis-Abeba

Face à cette reprise des hostilités, le commandement militaire éthiopien a ouvertement mis en cause les pays voisins. Le chef d’état-major de l’armée, le maréchal Birhanu Jula, a accusé l’Érythrée, l’Égypte et le Soudan de soutenir militairement et logistiquement les mouvements rebelles qui affrontent les troupes fédérales.

Field Marshal Birhanu Jula, chef de l’armée éthiopienne, a affirmé que les forces éthiopiennes combattaient des forces organisées et alliées servant les intérêts de puissances extérieures.

Le gouvernement soudanais a immédiatement rejeté ces accusations, les qualifiant de dénuées de fondement et réaffirmant son attachement au droit international. La tension diplomatique a pris une tournure concrète lorsqu’Addis-Abeba a ordonné l’expulsion de dix diplomates érythréens et la fermeture de son ambassade à Asmara, provoquant une rupture immédiate des relations de la part de l’Érythrée. Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a déclaré que ces diplomates érythréens étaient expulsés en raison de leur implication dans des activités constituant une menace directe pour la sécurité nationale de l’Éthiopie.

Tigray rebels push into Afar as Ethiopia blames neighbours
Photo : euronews.com

Cette crise coïncide avec des incidents de sécurité dans la capitale éthiopienne.

Impact humanitaire et précarité des populations civiles

Les populations civiles paient le plus lourd tribut de cette reprise des combats. Rien que dans la région de l’Afar, au moins 150 000 personnes ont été déplacées par les derniers affrontements, s’ajoutant au million de personnes déjà déracinées par le conflit précédent.

Les organisations de défense des droits humains s’alarment de la détérioration rapide des conditions de vie, alors que l’attention internationale se trouve mobilisée par d’autres crises régionales majeures. La directrice adjointe de la division Afrique à Human Rights Watch, Laetitia Bader, a mis en garde contre l’extension des risques pour les civils alors que l’attention diplomatique diminue.

Dans le Tigré, les infrastructures de communication, les services bancaires et l’accès aux liquidités subissent de graves perturbations depuis les frappes aériennes, notamment celle ayant touché le siège de Tigrai TV à Mekelle. Les habitants décrivent une économie locale asphyxiée où les prix des denrées de première nécessité et du carburant s’envolent, faisant craindre le retour d’un blocus humanitaire complet.

Abdelaziz Ahmed, un commerçant de 35 ans à Mekelle, a déclaré que les gens ne pouvaient rien acheter car ils manquaient d’argent, donc il ne pouvait rien vendre, et que son stock actuel ne durerait pas plus d’un mois.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.