Édition française
En continu
---Advertisement---

Monde

Trump n’aurait jamais dû abandonner l’accord sur le nucléaire iranien

La situation au Moyen-Orient est devenue préoccupante après le retrait des États-Unis de l'accord nucléaire iranien en 2018. Un ancien négociateur américain revient sur les coulisses de cet accord, le Plan d’action global commun (JCPOA), et met en…

Trump n’aurait jamais dû abandonner l’accord sur le nucléaire iranien

La situation au Moyen-Orient est devenue préoccupante après le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire iranien en 2018. Un ancien négociateur américain revient sur les coulisses de cet accord, le Plan d’action global commun (JCPOA), et met en garde contre les conséquences de la politique menée par l’administration Trump.

Les dommages réels causés au programme nucléaire iranien restent difficiles à évaluer, les déclarations de l’administration Trump et les estimations des services de renseignement américains étant souvent contradictoires. Cependant, une chose est claire : l’échec de la diplomatie américaine sous l’ère Trump a conduit à une situation périlleuse, selon un ancien membre de l’équipe de négociateurs.

Il y a dix ans, cet expert participait aux discussions à Vienne qui ont abouti au JCPOA en 2015. Cet accord était le fruit d’une diplomatie américaine soutenue et rigoureuse, initiée dès 2009 par le président Obama. L’objectif était clair : empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, une perspective inacceptable pour les États-Unis.

Bien que Téhéran ait toujours affirmé que son programme nucléaire était destiné à des fins pacifiques, les États-Unis ne pouvaient ignorer les preuves d’un intérêt passé pour la fabrication d’une bombe atomique, remontant à avant 2003. Pour parvenir à un accord, l’administration Obama a mis en place une stratégie de pression internationale, avec l’Union européenne et d’autres alliés imposant des sanctions sévères. Le Conseil de sécurité de l’ONU a renforcé ces sanctions en juin 2010, ciblant directement le programme nucléaire iranien.

Ces sanctions ont porté leurs fruits, contraignant l’Iran à s’asseoir à la table des négociations. Une équipe composée de diplomates de carrière, de scientifiques nucléaires, d’avocats et d’experts en sanctions a ensuite été constituée pour élaborer les détails techniques de l’accord. L’objectif était d’offrir à l’Iran un allègement progressif et réversible des sanctions en échange de limitations drastiques de ses activités nucléaires. Les États-Unis se sont coordonnés avec d’autres pays, notamment la Russie et la Chine, pour maximiser leur influence.

L’accord final a permis à l’Iran de limiter considérablement ses activités nucléaires, notamment en exportant environ 98 % de son stock d’uranium enrichi. Ces engagements étaient soumis à une surveillance internationale intrusive et permanente. À la fin de l’administration Obama, le JCPOA fonctionnait et toutes les parties respectaient leurs obligations.

Le retrait unilatéral de Trump en 2018 a eu des conséquences prévisibles : le programme nucléaire iranien a progressé, libéré des contraintes de l’accord. L’administration Trump a tenté de négocier un nouvel accord, mais celui-ci s’est avéré très similaire au JCPOA initial, un expert le qualifiant de « JCPOA de la taille d’un dollar ».

Les négociations ont été compromises par des tensions régionales, notamment des frappes aériennes israéliennes le 12 juin, suivies de frappes américaines contre des installations nucléaires iraniennes le 22 juin. L’administration Trump semble convaincue que la situation est désormais résolue, mais des questions cruciales demeurent : quel sort sera réservé aux tonnes d’uranium enrichi stockées par l’Iran après le retrait américain du JCPOA ? Quelle est l’étendue des dommages subis par l’infrastructure nucléaire iranienne ? L’Iran acceptera-t-il le retour d’une surveillance internationale intrusive de ses activités nucléaires, comme prévu dans le JCPOA ?

Pour répondre à ces questions, l’administration Trump devra mener des négociations complexes et approfondies. Des discussions sont prévues la semaine prochaine, mais elles nécessiteront une expertise technique et diplomatique de haut niveau. Le contexte actuel est toutefois défavorable, la « guerre culturelle » menée par Trump et Elon Musk contre le « deep state » ayant affaibli et démoralisé les rangs des experts gouvernementaux essentiels à la réussite du JCPOA.

Cet épisode souligne, selon l’ancien négociateur, ce qui a été perdu sous l’ère Trump : une diplomatie américaine efficace et fondée sur des principes, menée en étroite collaboration avec les alliés, et reposant sur le travail d’innombrables professionnels et spécialistes, motivés par le patriotisme et le sens du devoir. Une victoire du dialogue et de la diplomatie sur la rhétorique et la force.

« Il y a dix ans, cette approche a porté ses fruits pour le peuple américain et le monde », conclut-il, exprimant son inquiétude quant à l’avenir.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.