Washington, le 25 janvier 2019. Après 35 jours de blocage, le gouvernement américain a repris ses activités grâce à l’adoption d’un projet de loi de financement temporaire, mettant fin à la plus longue fermeture administrative de l’histoire des États-Unis. L’impasse, centrée sur le financement d’un mur à la frontière mexicaine, a laissé des centaines de milliers de fonctionnaires sans salaire et perturbé de nombreux services publics.
- Le président Donald Trump a signé le projet de loi, qualifiant la situation d’« extorsion » à laquelle il ne céderait pas.
- Le texte permet de rétablir le financement des agences fédérales jusqu’au 15 février, laissant le temps aux négociations de se poursuivre sur des solutions à long terme.
- La fermeture a eu des conséquences sur l’économie, notamment en retardant la publication de données statistiques cruciales.
L’adoption du projet de loi par la Chambre des représentants (222 voix pour, 209 contre) a été rendue possible grâce à l’unité du parti républicain, malgré l’opposition virulente des démocrates. Ces derniers souhaitaient obtenir des garanties concernant la protection des bénéficiaires de l’assurance maladie, mais n’ont pas réussi à imposer leurs conditions.
La signature de Donald Trump intervient après l’approbation du Sénat et permet le retour immédiat au travail des 800 000 fonctionnaires fédéraux affectés par la fermeture. Cependant, le rétablissement complet des services gouvernementaux pourrait prendre du temps.
La paralysie administrative a eu des répercussions notables sur plusieurs secteurs. Les contrôles de sécurité aérienne ont été perturbés, entraînant des retards et des annulations de vols, notamment à l’approche des vacances du Thanksgiving. L’aide alimentaire à des millions de familles a également été suspendue, créant des difficultés pour les ménages les plus vulnérables.
L’absence de données économiques publiées pendant la fermeture a semé l’incertitude parmi les investisseurs et les décideurs politiques. Certains rapports, comme ceux sur l’emploi et l’indice des prix à la consommation pour le mois d’octobre, pourraient ne jamais être publiés, selon la Maison Blanche.
Les économistes estiment que la fermeture a réduit le produit intérieur brut (PIB) américain d’au moins 0,1 point de pourcentage par semaine. Bien que la majeure partie de cette perte de production devrait être compensée dans les mois à venir, l’impact sur l’économie reste significatif.
Le vote a eu lieu quelques jours après des élections partielles favorables aux démocrates, ce qui avait renforcé leur position dans les négociations. Toutefois, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, n’a pas promis d’organiser un vote sur le financement de l’assurance maladie.
« J’ai l’impression de vivre un épisode de Seinfeld. Nous venons de passer 40 jours et je ne sais toujours pas quelle était l’intrigue. »
David Schweikert, représentant républicain de l’Arizona
La représentante démocrate Mikie Sherrill, qui a récemment été élue gouverneure du New Jersey, a critiqué le projet de loi lors de son dernier discours à la Chambre, exhortant ses collègues à ne pas se contenter d’approuver les décisions de l’administration Trump sans remettre en question ses politiques.
« À mes collègues : ne laissez pas ce corps devenir un cachet rouge cérémonial d’une administration qui retire la nourriture aux enfants et supprime les soins de santé. »
Mikie Sherrill, représentante démocrate
Un sondage Reuters/Ipsos publié récemment révèle que l’opinion publique est divisée sur les responsabilités de la fermeture, 50 % des Américains accusant les républicains et 47 % les démocrates.


Vidéo : Le président Trump est applaudi après la signature de l’accord