Publié le 13 novembre 2025 à 07h59 HNE. La pollution atmosphérique est désormais une urgence sanitaire en Inde, avec une augmentation significative des maladies respiratoires et cardiaques, et un impact particulièrement fort sur les enfants, révèle une nouvelle étude de Policybazaar.
- Les maladies liées à la pollution représentent plus de 8 % du total des sinistres d’assurance, avec une hausse annuelle, notamment après la fête de Diwali.
- Les enfants sont les plus touchés, représentant près de la moitié des réclamations liées à la pollution, un chiffre en augmentation de 14 % après Diwali.
- Les coûts de traitement des maladies respiratoires et cardiaques augmentent, reflétant des séjours hospitaliers plus longs et des soins plus intensifs.
La pollution de l’air en Inde n’est plus seulement une crise environnementale, mais une véritable urgence de santé publique. C’est ce que révèle une étude récente menée par Policybazaar, un agrégateur indien d’assurance et de services financiers, qui a analysé l’évolution des réclamations d’assurance liées à la qualité de l’air.
Les données montrent que les réclamations sont liées à un large éventail d’affections, allant des infections respiratoires et des complications cardiaques aux allergies cutanées et aux problèmes oculaires. L’étude souligne que la pollution atmosphérique affecte non seulement les voies respiratoires, mais également de nombreux autres systèmes organiques.
Parmi les affections les plus fréquemment déclarées figurent l’asthme, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), les arythmies cardiaques, l’hypertension artérielle, l’eczéma, la conjonctivite, les complications liées à la grossesse, ainsi que les allergies et les sinusites.
Le coût financier de ces maladies ne cesse d’augmenter. Entre les exercices 2023 et 2024, les coûts de traitement des maladies respiratoires ont augmenté de 11 %, tandis que ceux des complications cardiaques ont progressé de 6 %. Cette hausse est due à des séjours hospitaliers plus longs et à des interventions plus intensives, telles que l’oxygénothérapie et la nébulisation.
Le montant moyen des réclamations pour les affections liées à la pollution s’élève à 55 263 roupies indiennes (INR), contre 61 319 INR pour les cas non liés à la pollution. Cependant, la fréquence globale des réclamations liées à la pollution est plus élevée. Le coût moyen d’une journée d’hospitalisation est de 19 076 INR, ce qui indique des épisodes de soins plus courts, mais plus fréquents.
L’étude met en évidence la vulnérabilité particulière des enfants. Près de la moitié (43 %) de toutes les réclamations liées à la pollution concernent des enfants de moins de dix ans, ce qui les rend cinq fois plus susceptibles d’être touchés que les autres groupes d’âge. Les adultes âgés de 31 à 40 ans représentent 14 % des réclamations, tandis que les personnes de plus de 60 ans ne représentent que 7 %.
Si Delhi enregistre le plus grand volume de réclamations, Bengaluru et Hyderabad affichent des taux de sinistres plus élevés. Des villes comme Jaipur, Lucknow et Indore connaissent également une augmentation des cas. L’impact de la pollution s’étend à de nombreux organes, notamment le cœur, la peau, les yeux et la grossesse.
Les données, publiées le mercredi 12 novembre 2025, révèlent une tendance saisonnière constante sur quatre ans. Les réclamations liées à la pollution ont augmenté de 6,4 % avant Diwali en 2022 à environ 9 % après Diwali en 2025, soit une augmentation relative de 14 %.
Cette évolution reflète la détérioration annuelle de l’indice de qualité de l’air (IQA) en Inde, qui passe de niveaux « modérés » à « sévères » entre fin octobre et début décembre, en raison des brûlages de résidus agricoles, des feux d’artifice et de l’air stagnant en hiver.
« Le constat le plus alarmant est l’impact disproportionné sur les enfants, où 43 % de toutes les réclamations liées à la pollution ont été déposées pour des enfants de moins de dix ans, ce qui les rend cinq fois plus touchés que tout autre groupe d’âge. Les coûts des traitements respiratoires et cardiaques augmentent et les volumes de réclamations augmentent entre octobre et décembre, la fenêtre de pollution maximale. L’assurance maladie, en particulier les couvertures familiales et OPD, est devenue une garantie essentielle pendant les mois de pollution en Inde. »
Siddharth Singhal, responsable de l’assurance maladie chez Policybazaar
Delhi reste la ville la plus touchée (38 % des réclamations liées à la pollution), mais cette tendance ne se limite plus au nord du pays. Bengaluru (8,23 %) et Hyderabad (8,34 %) signalent désormais des taux de réclamations plus élevés, ce qui témoigne de l’ampleur croissante du problème à l’échelle nationale. Pune (7,82 %) et Mumbai (5,94 %) reflètent également l’impact croissant des maladies liées à la pollution, en particulier les affections respiratoires et cardiaques pendant les mois d’hiver et après la saison des pluies. Les villes de deuxième rang, telles que Jaipur, Lucknow, Indore et Nagpur, affichent également une nette tendance à la hausse.