L’administration américaine s’apprête à soumettre au Conseil de sécurité de l’ONU une résolution controversée, élaborée en étroite collaboration avec Israël, qui pourrait définitivement enterrer l’espoir d’un État palestinien indépendant. Ce projet, dénoncé par certains comme une manœuvre impérialiste, vise à conférer aux États-Unis un contrôle politique direct sur la bande de Gaza et à subordonner toute perspective d’autonomie palestinienne à l’approbation d’un conseil de paix dominé par Washington.
Au cœur de cette proposition se trouve la création d’un « Conseil de la paix », présidé par l’ancien président américain Donald Trump, et doté de pouvoirs étendus sur la gouvernance, les frontières, la reconstruction et la sécurité de Gaza. Ce conseil, composé principalement de représentants américains et britanniques, se verrait accorder des pouvoirs quasi souverains, décidant seul du moment où les Palestiniens seraient jugés « prêts » à s’autogouverner – une perspective qui, selon les critiques, pourrait ne jamais se concrétiser.
Cette initiative intervient alors que la communauté internationale s’alarme de plus en plus face à la situation à Gaza et en Cisjordanie occupée. Le projet de résolution est perçu comme une réponse directe à la reconnaissance croissante, au sein de l’Assemblée générale de l’ONU, de la Palestine en tant qu’État, malgré le veto américain qui bloque son adhésion pleine et entière à l’organisation. En juillet et septembre dernier, l’Assemblée générale a massivement voté en faveur de la création d’un État palestinien, une dynamique qui a visiblement incité les États-Unis et Israël à intensifier leurs efforts pour contourner cette opposition internationale.
Selon ses détracteurs, la résolution américano-israélienne s’inscrit dans une stratégie de « diviser pour régner », visant à instrumentaliser les pays arabes et islamiques par le biais de menaces et d’incitations. Les nations qui s’opposent aux exigences américano-israéliennes risquent de se voir priver de technologies essentielles, de l’accès aux financements internationaux et, dans certains cas, de subir des frappes militaires israéliennes, même en présence de bases militaires américaines sur leur territoire.
Les États-Unis, dénoncent les critiques, ne se contentent pas d’exercer une influence, mais orchestrent un véritable « racket protectionniste », exigeant des concessions en échange d’une sécurité illusoire. Cette situation perdurera, estiment-ils, tant que la communauté internationale ne résistera pas à ces tactiques et n’exigera pas le respect de la souveraineté palestinienne et du droit international par les États-Unis et Israël.
Le projet de résolution est d’autant plus choquant que, selon de nombreux observateurs, Israël commet un génocide à Gaza et en Cisjordanie, où des civils palestiniens sont régulièrement tués. « C’est une tragédie de premier ordre », soulignent les dénonciateurs de cette politique, qui voient dans la proposition américaine une « farce » historique, rappelant le système de mandats coloniaux du XXe siècle, mais avec les États-Unis remplaçant le Royaume-Uni.
Pour sortir de cette impasse, les défenseurs de la cause palestinienne appellent le Conseil de sécurité à adopter une résolution alternative, comprenant quatre points essentiels : la reconnaissance de la Palestine en tant qu’État membre souverain de l’ONU, avec la levée du veto américain ; le respect de l’intégrité territoriale de la Palestine et d’Israël, sur la base des frontières de 1967 ; la mise en place d’une force de protection internationale, composée d’États à majorité musulmane, mandatée par le Conseil de sécurité ; et le désarmement de toutes les entités non étatiques belligérantes, garantissant ainsi la sécurité mutuelle des Israéliens et des Palestiniens.
« La solution à deux États doit signifier une paix véritable, et non le politicide et le génocide de la Palestine, ni les attaques continues contre Israël », concluent-ils. « Il est temps que les Palestiniens et les Israéliens vivent en sécurité, et que les États-Unis et Israël abandonnent l’illusion cruelle de gouverner de manière permanente le peuple palestinien. »