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Trump’s Defense Department Sees Growing Espionage Threat From Israel

by Nicolas Lefèvre
L'alerte « critique » de la Defense Intelligence Agency

Le Pentagone a récemment élevé le niveau de menace de contre-espionnage concernant Israël au stade « critique », selon des sources citées par NBC News. Cette décision de la Defense Intelligence Agency (DIA) découle de craintes que Tel-Aviv surveille des hauts responsables américains pour influencer les décisions stratégiques sur le conflit avec l’Iran.

L’espionnage entre alliés est une pratique courante, presque banale, dans les cercles du renseignement mondial. Mais ici, le curseur a bougé. La Defense Intelligence Agency (DIA) a produit un document de sept pages, incluant un graphique, pour signaler que les capacités d’espionnage humain et technique d’Israël ont atteint un « niveau critique ». Ce changement de statut n’est pas une simple formalité administrative. Il traduit une inquiétude profonde au sein du Pentagone : Israël chercherait activement à infiltrer les délibérations internes de l’administration Trump pour anticiper et orienter la politique américaine au Moyen-Orient.

L’alerte « critique » de la Defense Intelligence Agency

L’évaluation de la DIA, diffusée via un message interne, place Israël dans une catégorie de menace supérieure à celle de nombreux autres alliés, et même de certains pays avec lesquels les relations sont normalement plus tendues. Selon Al Jazeera, ce basculement de « élevé » à « critique » reflète une agressivité accrue dans les tactiques de collecte d’informations. Le Pentagone refuse de commenter officiellement. Pourtant, les sources internes sont claires : l’effort de surveillance israélien a dépassé les attentes habituelles en matière d’espionnage diplomatique. L’objectif serait de percer le secret des discussions à la Maison Blanche concernant la fin des hostilités avec l’Iran.

Des divergences stratégiques sur l’Iran et le Liban

Des divergences stratégiques sur l'Iran et le Liban
Cette crise de confiance s’inscrit dans un contexte de frictions ouvertes entre le président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Les deux dirigeants s’opposent frontalement sur la gestion de la guerre lancée le 28 février. Alors qu’un cessez-le-feu a été conclu début avril, Donald Trump privilégie désormais une voie diplomatique pour mettre fin au conflit. À l’inverse, Benjamin Netanyahu pousse pour une reprise des raids aériens contre l’Iran et s’oppose aux demandes de Washington visant à réduire les attaques contre le Hezbollah au Liban. La tension a atteint un sommet lors d’un appel téléphonique tendu la semaine dernière. Donald Trump a admis par la suite avoir qualifié Netanyahu de « fou » durant cet échange. Dans ce climat, Israël a un intérêt vital à savoir si Washington décidera de reprendre des opérations de combat majeures ou de s’en tenir à un accord négocié.

Cibles et méthodes : des tentatives d’infiltration concrètes

Le rapport de la DIA ne se contente pas de théories ; il s’appuie sur des incidents précis. Des efforts de surveillance auraient visé des figures clés de la stratégie américaine, notamment :
  • Steve Witkoff, envoyé spécial et négociateur principal des discussions nucléaires précédant l’attaque de février.
  • Elbridge Colby, haut responsable politique au Pentagone.
  • Michael DiMino IV, adjoint d’Elbridge Colby.
L’historique des opérations israéliennes sur le sol américain renforce cette méfiance. Le renseignement militaire israélien aurait tenté d’installer des dispositifs d’écoute au siège même de la DIA en 2021. Plus récemment, en 2025, le Shin Bet, l’agence de renseignement intérieur israélienne, aurait tenté de placer un dispositif similaire dans un véhicule du Secret Service. Pour certains responsables, ces actions confirment que les services israéliens sont « connus pour collecter des informations de manière agressive ».

Dénégations officielles et paradoxes sécuritaires

Face à ces accusations, Tel-Aviv et Washington opposent des démentis catégoriques.

« C’est complètement faux. Israël ne recueille pas de renseignements sur des entités américaines, et encore moins sur des responsables du gouvernement américain. Les efforts de collecte de renseignements d’Israël visent ses ennemis, pas ses alliés. Toute affirmation contraire est soit mal informée, soit motivée politiquement. »

BIBI Snooping On Trump? Pentagon Sounds Alarm On Israeli Espionage With Highest Threat Designation
Dénégations officielles et paradoxes sécuritaires
Photo: aljazeera.com
La Maison Blanche a également rejeté les informations, affirmant que « toute cette histoire est fausse et provient d’une personne qui n’a aucune connaissance de ce qui se passe ». Le paradoxe est frappant. Alors que la DIA tire la sonnette d’alarme sur l’espionnage, le Congrès américain débat actuellement d’un projet de loi de défense qui intégrerait la recherche et le développement d’armements entre les deux pays à un degré sans précédent. Cette situation crée une schizophrénie institutionnelle : d’un côté, une coopération militaire et financière massive, incluant des milliards de dollars d’aide ; de l’autre, une surveillance accrue des propres canaux de communication américains. L’enjeu des prochains jours réside dans la capacité de l’administration Trump à maintenir une coordination militaire efficace tout en protégeant ses secrets d’État face à un allié dont les objectifs stratégiques divergent désormais radicalement.

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