Publié le 28 septembre 2025 à 03h39. Un journaliste israélien a été victime d’une agression verbale à New York, illustrant une montée inquiétante de l’antisémitisme dans la ville, même en plein cœur de quartiers réputés sûrs pour la communauté juive.
- Un journaliste israélien a été invectivé par une inconnue alors qu’il déjeunait avec un collègue dans l’Upper East Side de Manhattan.
- L’agression, motivée par la haine des Juifs et non par un désaccord politique sur Israël, souligne une banalisation inquiétante de l’antisémitisme.
- L’incident intervient dans un contexte de tensions croissantes et d’augmentation des manifestations anti-israéliennes à New York.
Alors que se tenait une journée chargée à l’Assemblée générale des Nations Unies, incluant le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un journaliste israélien a été confronté à une manifestation de haine inattendue dans un quartier de New York traditionnellement considéré comme accueillant pour la communauté juive. L’incident, survenu vendredi dernier, met en lumière une réalité de plus en plus préoccupante : la vulnérabilité croissante des Juifs dans la ville.
Le journaliste, qui déjeunait avec un collègue dans l’Upper East Side, un quartier de Manhattan connu pour sa forte présence juive, a été soudainement interpellé par une femme d’une quarantaine d’années. Alors qu’ils discutaient en hébreu, la femme s’est tournée vers eux et a proféré des accusations virulentes :
« Vous venez ici profiter de mon argent d’impôt ! Tout le monde vous déteste ! Vous n’êtes pas les bienvenus ici ! »
, a-t-elle lancé, selon le récit du journaliste.
Malgré une tentative de désamorcer la situation avec une réponse laconique, la femme a continué son attaque, concluant par un ordre sans équivoque :
« Rentrez chez vous ! »
. L’incident a profondément choqué le journaliste, non seulement par la violence des propos tenus, mais aussi par le fait que l’agression semblait motivée uniquement par l’identité juive des victimes.
« Il était clair que ce qui a déclenché cette réaction, c’était notre hébreu », explique le journaliste. « Les symboles que nous portons, une épingle de drapeau israélien et une épingle en soutien aux otages, n’ont probablement pas aidé, mais même sans eux, nous aurions été ciblés. Il en va de même pour tout Juif américain qui parle hébreu. Ce n’était pas un débat sur les politiques d’Israël. C’était une simple haine des Juifs. »
Ce qui est particulièrement troublant, selon le journaliste, est l’apparence « normale » de l’agresseuse. Contrairement aux manifestants anti-israéliens souvent identifiables par leur tenue ou leurs symboles, cette femme semblait être une citoyenne ordinaire, ce qui suggère une banalisation de l’antisémitisme au sein de la société. L’audace de l’agression, commise en plein jour et dans un quartier fréquenté, est également un signe alarmant de la vulnérabilité croissante de la communauté juive à New York.
Le journaliste souligne que cette agression s’inscrit dans un contexte plus large de tensions croissantes. Il note que certains candidats aux élections municipales, comme Zohran Mamdani, ont exprimé des opinions controversées, allant jusqu’à légitimer la diffusion de l’intifada à l’échelle mondiale et à promettre d’arrêter Benjamin Netanyahu en cas de retour à New York. D’autres figures médiatiques conservatrices, comme Candace Owens, ont également été accusées d’antisémitisme. Voir plus de photos des manifestations à New York (Reuters)
« Je ne doute pas que cette femme n’aimait déjà pas les Juifs », conclut le journaliste. « Mais quelque chose dans le climat actuel lui a donné le courage d’agir. Au milieu d’un quartier juif, dans une zone surveillée par la police, elle se sentait enhardie de décharger sa haine. Ce n’est plus un incident isolé. C’est une tendance. » Il s’inquiète particulièrement des perspectives d’avenir, notamment si un candidat promettant de réduire la présence policière lors des manifestations anti-israéliennes venait à être élu. « Je suis invité dans cette ville, ici seulement de temps en temps. Mais malheureusement, à ce rythme, plus d’un million de Juifs qui vivent ici peuvent constater que le pire reste à venir. »