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Ugly in a beautiful way’: Denmark’s mullet championship celebrates divisive hairstyle

Le Championnat du Mulet 2026 s'est tenu le samedi 7 juin à Copenhague, rassemblant 12 concurrents et plus de 1 000 spectateurs. Organisé par Steffen Stiw Weber, l'événement a célébré cette coupe emblématique à travers des performances excentriques,…

La victoire trampoline de Thomas Berg

Le Championnat du Mulet 2026 s’est tenu le samedi 7 juin à Copenhague, rassemblant 12 concurrents et plus de 1 000 spectateurs. Organisé par Steffen Stiw Weber, l’événement a célébré cette coupe emblématique à travers des performances excentriques, couronnant Thomas Berg, un ouvrier du bâtiment, pour son style et son énergie sur scène.

Le spectacle était total sur la scène extérieure du centre de Copenhague. Entre les chants d’une foule en délire et des prestations allant du body-popping à un show de saxophone en direct, le tournoi a transformé une simple coupe de cheveux en un véritable acte de rébellion esthétique. Pour les participants, le mulet — court devant, long derrière — n’est pas qu’une question de coiffure, mais une déclaration d’identité.

La victoire trampoline de Thomas Berg

Le titre suprême a été décerné à Thomas Berg, un ouvrier du bâtiment de 43 ans. Loin de se contenter d’une simple présentation, Berg a littéralement bondi vers la victoire en sautant frénétiquement sur un trampoline, vêtu d’une tenue de sport vert néon et coiffé d’un bandeau orange assorti à son mulet.

« Je pense que c’est juste drôle. C’est juste une grande fête. C’est juste agréable d’être un peu en dehors des sentiers battus. »

Thomas Berg, vainqueur du championnat, via The Guardian Cette performance illustre parfaitement l’esprit de la compétition. Les juges ne se sont pas limités à l’aspect technique de la coupe ; ils ont évalué le style, l’originalité et, surtout, les « mullet moves ». Chaque candidat disposait de 60 secondes pour convaincre le jury et le public, transformant le podium en une scène de performance art.

L’obsession de Steffen Stiw Weber pour le hors-norme

L’existence même de ce championnat trouve sa source dans un parcours personnel singulier. L’organisateur, Steffen Stiw Weber, un électricien de 37 ans, a lancé l’événement après avoir subi une greffe de cheveux et décidé de laisser pousser un mulet. Selon Yahoo, l’idée est née d’une frustration administrative : Weber ne pouvait pas participer aux compétitions de mulets aux États-Unis car il n’est pas citoyen américain. Sa réaction a été pragmatique : créer sa propre institution au Danemark. Au-delà de l’anecdote, Weber voit dans le mulet une réponse psychologique à l’ère du numérique. Dans un monde où l’image est filtrée et calibrée, le choix d’une coiffure volontairement clivante devient un outil de distinction sociale.

« Je pense que dans notre culture, quand tout doit… être parfait sur les réseaux sociaux et tout ça, je pense que c’est pour ça que les gens doivent sortir du lot. »

Steffen Stiw Weber, organisateur, via Yahoo L’événement, qui en est maintenant à sa quatrième année, s’impose comme un espace de décompression où l’imperfection est célébrée comme une vertu.

L’esthétique du moche : le regard de Bobby Agren

Pour juger des coupes, le comité a fait appel à des experts, dont Bobby Agren, propriétaire de deux salons de coiffure à Copenhague. Pour Agren, le mulet possède une valeur nostalgique et subversive qui justifie son retour.

« J’aime la finesse, la torsion, la nostalgie. J’aime quand ça a l’air ridicule ou peut-être moche d’une manière belle. »

Bobby Agren, juge et coiffeur, via The Guardian Cette approche du « moche magnifique » place le championnat dans une lignée de tendances « camp » où l’excès est la norme. L’originalité a été poussée à l’extrême samedi, avec notamment un concurrent dont la coupe était stylisée pour ressembler au drapeau danois, fusionnant patriotisme et provocation capillaire.

La trajectoire culturelle du mulet, de 1994 à la pandémie

La trajectoire culturelle du mulet, de 1994 à la pandémie
Photo: yahoo.com
Si le mulet semble être une curiosité moderne, son histoire est cyclique. Popularisée par les joueurs de hockey et les musiciens des années 80, la coupe a ensuite subi un déclin brutal. Le magazine Vogue l’a d’ailleurs décrite comme « la coiffure la plus divisive de l’histoire ». Le terme lui-même a été largement diffusé dans la culture populaire grâce au groupe de hip-hop Beastie Boys, dont la chanson « Mullet Head » est apparue sur l’album Ill Communication en 1994. Le véritable catalyseur de la résurgence mondiale, cependant, a été la crise sanitaire. Le magazine britannique i-D a désigné l’année 2020 comme « l’année du mulet ». Ce phénomène s’explique par la fermeture des salons de coiffure pendant les confinements, poussant des citoyens lassés à laisser pousser leurs cheveux sans contrainte professionnelle. Cette tendance n’est pas limitée au Danemark. Le phénomène s’est institutionnalisé à travers l’Europe, comme en témoigne la tenue de la Coupe Européenne du Mulet en Belgique le mois dernier. L’analyse de Bobby Agren souligne cette mécanique immuable de la mode : elle revient tous les 20 ou 30 ans. Le mulet de 2026 n’est pas une simple imitation du passé, mais une réappropriation ironique qui transforme un symbole de ringardise en un badge de liberté individuelle.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.