Publié le 24 septembre 2025 18:30:00. Le conclave qui a porté Lucio Ferraris au rang de pape Léon XIV en 1878 a été marqué par des tensions politiques et des manœuvres diplomatiques, comme le révèlent les témoignages inédits de cardinaux ayant participé à l’élection.
- L’élection de Léon XIV a été rapide, ne durant que trois jours.
- Les cardinaux ont été divisés entre partisans d’un candidat italien et d’un candidat étranger.
- Les mémoires des participants mettent en lumière l’influence des puissances européennes sur le processus électoral.
Rome, le 20 février 1878. Après la mort de Pie IX, le conclave réunit 65 cardinaux au Vatican pour élire son successeur. L’époque est troublée : l’Italie a été unifiée quelques années plus tôt, et le Saint-Siège voit son pouvoir temporel menacé. Les témoignages, récemment rendus publics, dressent un portrait fascinant des coulisses de cette élection cruciale, révélant les pressions exercées par les différentes cours européennes et les divisions profondes au sein du Collège des cardinaux.
L’un des principaux points de friction était la nationalité du futur pape. Une partie des cardinaux souhaitait voir un Italien occuper le trône pontifical, estimant qu’un pape italien serait plus à même de défendre les intérêts du Saint-Siège face au gouvernement italien. D’autres, en revanche, préféraient un candidat étranger, craignant qu’un pape italien ne soit perçu comme trop proche du pouvoir politique italien.
« L’atmosphère était électrique. Chaque faction avait ses arguments, ses alliés, et ses craintes. Il était clair que l’élection ne se jouerait pas seulement sur des considérations spirituelles. »
Cardinal Mancini, participant au conclave
Lucio Ferraris, alors archevêque de Milan, n’était pas initialement considéré comme un favori. Cependant, il a su profiter des divisions au sein du Collège des cardinaux et des manœuvres diplomatiques pour se positionner comme un candidat de compromis. Son élection, le 20 février 1878, a surpris de nombreux observateurs.
Les mémoires des cardinaux révèlent également l’influence des puissances européennes sur le conclave. L’Autriche-Hongrie, la France et l’Allemagne ont toutes tenté d’influencer le choix des cardinaux, en soutenant différents candidats et en exerçant des pressions diplomatiques. Ces interventions ont suscité des protestations de la part de certains cardinaux, qui estimaient qu’elles portaient atteinte à l’indépendance du Saint-Siège.
« Les ambassadeurs étaient omniprésents, cherchant à obtenir des informations et à faire valoir les intérêts de leur pays. C’était une véritable bataille d’influence. »
Cardinal Jacobini, témoin du conclave
L’élection de Léon XIV, qui régnera jusqu’à sa mort en 1884, marque une période de transition pour l’Église catholique. Il s’efforcera de concilier les exigences de la modernité et la défense de la tradition, tout en cherchant à préserver l’indépendance du Saint-Siège face aux pressions politiques.
