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Un béluga aperçu au large des côtes néerlandaises pour la première fois depuis 1966

by Nicolas Lefèvre

Publié le 17 janvier 2026 à 18h42. Un béluga, mammifère marin rare dans ces eaux, a été aperçu au large de la côte néerlandaise, suscitant l’étonnement des observateurs et l’inquiétude des spécialistes quant à sa survie.

Pour la première fois depuis soixante ans, un béluga a été signalé au large des côtes néerlandaises. Le premier signalement a été fait vers 12h30 par le service de sauvetage KNRM (Koninklijke Nederlandse Reddingmaatschappij, Société néerlandaise de sauvetage en mer) près de Callantsoog. Des observations supplémentaires ont ensuite été confirmées à Groote Keeten, Julianadorp et sur la plage de Den Helder.

Un employé du poste de secours de Callantsoog a raconté :

« Un collègue pêchait sur la plage. Il a vu quelque chose d’étrange dans l’eau, qui aurait pu être un bateau chaviré. »

Employé du poste de secours de Callantsoog, via NH Nieuws

Alerté, le KNRM a dépêché un navire de la station Terschelling, qui se trouvait par hasard dans le secteur. Il s’est rapidement avéré qu’il s’agissait bien d’un béluga. L’animal semblant en bonne santé, il a été décidé, en concertation avec les garde-côtes, de le laisser poursuivre sa route en toute tranquillité.

Jeroen Hoekendijk, de l’organisation SOS Dolfijn (SOS Dauphin), a souligné la rareté de cet événement :

« C’est incroyablement rare. La dernière fois qu’un béluga a été observé aux Pays-Bas, c’était en 1966, lorsqu’il remontait le Rhin depuis la mer du Nord pour atteindre finalement Duisburg, en Allemagne. Il avait alors été pris en charge par un zoo. »

Jeroen Hoekendijk, SOS Dolfijn

L’animal a été surnommé « Moby Dick » et a réussi à retourner seul en mer.

Le béluga, également appelé dauphin blanc, est un mammifère marin puissant, mesurant jusqu’à sept mètres de long et pesant jusqu’à 2 000 kilogrammes (2 tonnes). Il se caractérise par une petite tête arrondie et un museau court, ainsi que par une épaisse couche de graisse sur le front.

Grâce à cette couche de graisse, le béluga est particulièrement bien adapté aux eaux glaciales de son habitat naturel, les régions arctiques et subarctiques autour du cercle polaire arctique. Il ne s’aventure normalement pas plus au sud que le nord de la Norvège. C’est cette présence inhabituelle qui suscite des interrogations quant à ses chances de survie en mer du Nord.

Hoekendijk s’interroge sur la capacité du béluga à s’adapter :

« D’après ce que j’ai pu observer, il n’est ni maigre ni émacié. Si je l’avais vu nager ainsi près du Spitzberg, je n’aurais eu aucun souci. Mais en mer du Nord, c’est un peu comme un ours polaire sur une plage. »

Jeroen Hoekendijk, SOS Dolfijn

Il ajoute que les bélugas vivent généralement en groupes de deux à quinze individus, et que celui-ci semble être isolé. Le béluga a été aperçu pour la dernière fois au nord-ouest de Den Helder juste avant la tombée de la nuit, laissant espérer qu’il pourrait retrouver le chemin de l’Arctique.

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