Publié le 31 octobre 2025 à 02h18. La tension monte d’un cran entre le Venezuela et Trinité-et-Tobago, après le déploiement d’un destroyer américain au large des côtes vénézuéliennes dans le cadre d’une opération anti-drogue, et la décision de Caracas de déclarer persona non grata la Première ministre trinidadienne.
- Un destroyer américain a été déployé près des côtes vénézuéliennes dans le cadre d’une opération anti-drogue.
- L’Assemblée nationale vénézuélienne a déclaré la Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, persona non grata.
- Le Venezuela a suspendu ses accords gaziers avec Trinité-et-Tobago et Trinité-et-Tobago a ordonné une expulsion massive d’immigrés sans papiers.
La situation en mer des Caraïbes s’envenime. Un destroyer américain a appareillé ce jeudi 30 octobre 2025 depuis un port de Trinité-et-Tobago, se positionnant à environ 10 kilomètres de la côte vénézuélienne. Ce déploiement s’inscrit dans le cadre d’une opération anti-drogue lancée par Washington en août dernier, visant à démanteler les réseaux de trafic de stupéfiants dans la région.
Les États-Unis accusent le gouvernement vénézuélien de diriger un cartel de la drogue. L’opération, qui s’étend également au Pacifique, a déjà conduit à la mort d’au moins 62 personnes présentées comme des trafiquants lors de 16 affrontements en mer.
Trinité-et-Tobago a ouvertement affiché son soutien à cette initiative américaine, ce qui a exacerbé les tensions avec le Venezuela. La situation s’est particulièrement détériorée ce dimanche, lorsque Port of Spain a accueilli l’USS Gravely pour des exercices militaires conjoints. Caracas a dénoncé cette manœuvre comme une « provocation » destinée à « générer une guerre ».
En réponse, l’Assemblée nationale vénézuélienne a pris la décision de déclarer la Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, persona non grata ce mardi. Le président Nicolás Maduro a également ordonné la suspension des accords gaziers conclus avec l’archipel en 2015.
La réaction de Trinité-et-Tobago n’a pas tardé. Le gouvernement trinidadien a annoncé une « expulsion massive » d’immigrés en situation irrégulière. Kamla Persad-Bissessar, connue pour son alliance avec Donald Trump, a minimisé la décision du parlement vénézuélien, lançant un défi à Caracas :
« Pourquoi Maduro et le reste du gouvernement vénézuélien ne mentionnent-ils pas le président (Donald) Trump ? Pourquoi ne le déclarent-ils pas persona non grata ? »
Kamla Persad-Bissessar, Première ministre de Trinité-et-Tobago
Washington a averti qu’il pourrait mener des attaques au sol et a autorisé des opérations de la CIA sur le territoire vénézuélien. De son côté, le Venezuela affirme avoir capturé des individus liés aux services de renseignement étrangers et dénonce des « opérations sous fausse bannière » orchestrées pour justifier une intervention militaire.