Marseille est en deuil après l’assassinat en plein jour du jeune frère d’Amine Kessaci, figure engagée dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Le drame s’est produit jeudi 13 novembre dans le 4e arrondissement de la ville, plongeant une nouvelle fois la famille Kessaci dans le désespoir.
Selon le procureur de Marseille, un homme de 20 ans, inconnu des services de police et de justice, a été abattu par balle alors qu’il venait de garer son véhicule. « Une moto s’est portée à hauteur du véhicule de la victime. Le passager arrière de la moto a tiré à plusieurs reprises sur la victime, qui était toujours dans son véhicule. Plusieurs étuis de 9 mm ont été retrouvés sur place », a-t-il précisé dans un communiqué.
L’AFP a confirmé qu’il s’agissait du frère cadet d’Amine Kessaci, militant associatif et écologiste, information initialement rapportée par La Provence. Amine Kessaci était lui-même placé sous protection judiciaire suite à la publication d’un livre-lettre adressé à son frère aîné, Brahim, victime d’un “narcomicide”.
L’adjointe écologiste au maire de Marseille, Christine Juste, a exprimé sa profonde tristesse et sa colère. « J’ai énormément de peine pour mon ami et sa maman, aucune mère ne devrait vivre cela, la perte de deux enfants. Et je suis en colère qu’on puisse, dans la deuxième ville de France, assassiner aussi facilement en plein jour des gens », a-t-elle déclaré à l’AFP, visiblement émue.
Une enquête pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs a été ouverte. À ce stade, le lien éventuel avec le trafic de stupéfiants n’a pas été établi, mais les investigations se poursuivent.
La vie d’Amine Kessaci a basculé en 2020 après le triple assassinat de son frère Brahim, tué par balles et retrouvé carbonisé dans un véhicule près de Marseille. Suite à cette tragédie, il a fondé l’association Conscience, dédiée au soutien juridique et psychologique des familles touchées par ces crimes et à la modification de la perception de ces morts, qu’il considère comme des victimes.
Lors d’un portrait publié en 2024, Amine Kessaci avait confié à l’AFP que Brahim était le seul membre de leur famille de six enfants à avoir été confronté à la toxicomanie. Il s’était présenté aux élections européennes sur la liste de Marie Toussaint, cherchant à porter la voix de la jeunesse et des quartiers populaires, mais n’avait pas été élu, échouant face au Rassemblement National (RN).
