Home Divertissement“Un endroit parfait pour se mélanger” : La Courondelle, à Béziers, un quartier en construction où la recette de la mixité fonctionne

“Un endroit parfait pour se mélanger” : La Courondelle, à Béziers, un quartier en construction où la recette de la mixité fonctionne

by Antoine Girard

Publié le 7 novembre 2025 à 18h30. À Béziers, le quartier de La Courondelle, encore en construction, se dessine comme un lieu de vie prisé, malgré quelques défis persistants en matière de services et de sécurité, à l’heure de l’approche des élections municipales de 2026.

  • Plus de 3 000 logements sont occupés à La Courondelle, avec d’autres en construction, offrant une diversité de profils d’habitants.
  • Les commerçants locaux saluent l’amélioration de la sécurité grâce à l’installation de caméras de surveillance.
  • Les habitants expriment un besoin de davantage de commerces de proximité, de services médicaux et de transports en commun.

La Courondelle, un quartier jeune de Béziers, s’étend entre la route de Bédarieux et le boulevard du Languedoc, autour de la place des Grands Hommes. Son développement rapide, débuté il y a une douzaine d’années, lui confère un aspect en constante évolution, parfois comparé aux travaux interminables de la Sagrada Familia à Barcelone.

Hamza, propriétaire de la pizzeria Aroma, se souvient d’un paysage bien différent en 2012 : « Quand je suis arrivé, il n’y avait rien ici. Que des vignes ou des chemins de terre que l’on empruntait pour faire du VTT jusqu’à Boujan. » Aujourd’hui, le quartier a pris de l’ampleur, au point que, selon Fadila, patronne du salon de thé Eden Délices, « on ne voit même plus les montagnes depuis la boutique. »

La Courondelle se caractérise par un mélange de types de logements, des maisons individuelles aux logements sociaux en passant par les résidences seniors. Cette diversité contribue, selon Olivier, propriétaire de la boutique de cigarettes électroniques Phoenix, à un « grand brassage de population, ce qui le rend très agréable à vivre. » Déborah, mère de famille rencontrée au parc des Frères Bülher, souligne également l’intérêt de la localisation, « juste à côté de la rocade, c’est très pratique. »

Malgré ces atouts, certains habitants regrettent le manque de services de proximité. Hamid, nouvel arrivant, estime que « ça permettrait de retenir un peu les gens ici » s’il y avait une banque, une épicerie ou des médecins dans le quartier. Le réseau de bus, bien que présent avec deux lignes de l’Agglo, pourrait également bénéficier d’une fréquence accrue.

Cependant, l’image d’un quartier paisible est parfois nuancée. Marie, une habitante, tempère : « Pour moi, ça s’est quand même construit trop vite. Quand on voit comment certains bâtiments vieillissent déjà… Ça fait un peu cité dortoir, je trouve. Il n’y a pas beaucoup de services. » Elle évoque également des préoccupations en matière de sécurité : « Il y a des jeunes qui traînent dehors jour et nuit, il n’y a pas trop de progrès là-dessus. On entend parler qu’il y a du trafic, mais on ne le voit pas. Il y a même des gens qui regrettent d’être venus ici. »

Ces inquiétudes sont toutefois atténuées par les témoignages de commerçants de la place des Grands Hommes. Fadila d’Eden Délices se félicite de l’amélioration de la situation depuis l’installation de caméras de surveillance il y a trois ans : « Oui, au départ, il y avait des jeunes qui zonaient. Mais depuis qu’ils ont mis une caméra sur la place, c’est nickel. » Hamid, nouveau venu, confirme : « On m’avait dit que c’était un peu le bordel avant que j’arrive. Ça fait trois mois, et il n’y a jamais eu d’incidents, on est content d’être venu. »

Asma, venue chercher sa fille au Boxing Club Béziers Méditerranée, se dit rassurée : « On se sent en sécurité. Qu’ils aillent mettre un pied à La Devèze, ils verront ce que c’est. » Mustapha, le fondateur du club de boxe, confirme cette impression : « On est la seule structure associative du quartier qui fait du boulot avec les jeunes. Ça va, il n’y a pas à se plaindre… Oui, il y a des difficultés, parce qu’on ne peut pas empêcher les jeunes de vivre et de rester dehors. Mais on a perdu l’habitude de voir des gens dans la rue. Dès qu’on voit des jeunes on se demande ce qu’ils font là. Mais avant, on était tous dehors ! Ce n’est pas pour ça qu’on a dérivé. Il faut qu’il y ait une vie sociale, aussi dans la rue. Vu ce qu’il se passe ailleurs, on a de quoi être content. »

La place des Grands Hommes, le centre névralgique de La Courondelle.
Midi Libre – BR

Hamza, le patron de la pizzeria, se montre optimiste : « Moi, je leur dirais qu’ils devraient venir. C’est ensoleillé, il y a une école, une crèche, des commerces, un kiné, des transports… C’est un quartier idéal pour une jeune couple, où il fait bon vivre. Un endroit parfait pour se mélanger, tous ensemble. »

Ce que les habitants attendent de leur maire

FADELA « On aurait aimé qu’il y ait un marché sur la place, » avoue la patronne du salon de thé Eden Délices. « Ça ferait plus de passage et vivrait encore plus ce quartier qui a un potentiel énorme, notamment grâce à ces places de parking de partout. Grâce à des puces comme sur les Allées, par exemple, ça permettrait de faire connaître encore plus La Courondelle. »

GÉRALDINE « Globalement, nous n’avons pas de problèmes, on a une activité sereine, » décrit la propriétaire de la seule pharmacie du quartier, ouverte dès le début de la construction de La Courondelle, en 2013. « Même si je ne comprends pas qu’il n’y ait pas de maison médicale ou même un médecin dans le quartier. Ça fait partie des gros retours qu’on a de nos patients. Les jeunes n’ont pas de problèmes pour se déplacer. Mais pour les personnes âgées, traverser la ville pour voir un médecin, c’est plus compliqué. Après, ce n’est pas un problème lié à La Courondelle, c’est partout en France. Je sais que la mairie travaille dessus et fait ce qu’elle peut. »

SALAH « J’aimerais que le futur maire poursuive la continuité de Robert Ménard, qui a embelli le centre-ville, » demande le patron de la boucherie Les deux frères. « Il faudrait surtout plus de travail avec de grandes entreprises qui viennent s’installer, comme c’est le cas sur le bassin lyonnais, par exemple. Béziers, c’est une ville pauvre donc ça permettrait à certains d’avoir du travail, surtout pour les jeunes. Ça leur permettrait d’avoir un peu plus de pouvoir d’achat et donc de venir consommer chez les commerçants. Sinon, je n’ai pas grand chose à dire sur le quartier. Il y a assez de sécurité, tant qu’il y a quelqu’un derrière l’écran des caméras pour les contrôler, c’est l’essentiel. »

MUSTAPHA « Ce qu’il manque à La Courondelle ? C’est une vie sociale plus élaborée, » répond l’entraîneur du club biterrois de boxe. « Il faudrait un peu d’actualité, de l’événementiel pour faire descendre les gens de chez eux. Sinon, tout est propre, bien nettoyé, ce n’est pas à l’abandon. Il faut que ça continue. Mais de temps en temps, une petite fête, ou un cinéma en plein air, lors des beaux jours, ça pourrait amener de la vie. Nous aussi, on va réfléchir à la question. On est en train de travailler pour mettre en place des animations au club. »

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