Publié le 18 décembre 2024 à 14h52. Un homme condamné à huit ans de prison pour un viol commis en présence de sa victime, de son compagnon et de leur nouveau-né, a vu son appel rejeté par la cour d’appel irlandaise. L’affaire souligne la complexité des preuves médico-légales et l’impact dévastateur d’une telle agression.
- Shaun O’Donnell a été reconnu coupable de viol et d’agression sexuelle en mars 2021.
- Il a fait appel de sa condamnation en arguant de l’absence de certaines preuves ADN.
- La cour d’appel a rejeté son appel, estimant que l’absence de ces preuves ne rendait pas le procès inéquitable.
La cour d’appel irlandaise a confirmé la condamnation à huit ans de prison de Shaun O’Donnell (35 ans) pour le viol d’une femme survenu dans le comté de Donegal, en Irlande, le 26 mars 2021. O’Donnell avait été reconnu coupable par un jury suite à un procès devant le Tribunal pénal central.
Les faits, particulièrement odieux, se sont déroulés au domicile de la victime. Selon l’accusation, O’Donnell s’était introduit dans le lit du couple, alors que la femme dormait aux côtés de son compagnon et de leur bébé. La victime aurait d’abord cru qu’il s’agissait de son partenaire avant de réaliser qu’il s’agissait de l’accusé. Elle a immédiatement quitté la pièce et s’est réfugiée sous la douche, avant de signaler l’agression à ses proches et à la police.
Lors de son interrogatoire par la Gardaí (police irlandaise), O’Donnell a affirmé ne rien se souvenir des faits et a nié les accusations portées contre lui. Il avait déjà été condamné à plusieurs reprises pour des délits tels que voies de fait et conduite dangereuse, et exerçait auparavant un métier dans le bâtiment au Royaume-Uni.
L’appel d’O’Donnell reposait sur l’argument que le juge du procès aurait dû ordonner un acquittement ou suspendre la procédure en raison de l’absence de deux éléments de preuve potentiels pour des analyses ADN : le soutien-gorge de la victime, lavé après l’agression, et une serviette hygiénique utilisée pendant ses saignements post-partum. Bien que cette dernière ait été fournie pour des tests, la victime a exprimé des doutes quant à l’exactitude de l’échantillon remis à la police.
O’Donnell soutenait que cette incertitude avait compromis sa capacité à prouver que son ADN n’était pas présent sur ces éléments, rendant ainsi son procès injuste. Cependant, la juge Nuala Butler a rejeté cet argument, soulignant qu’il était difficile de voir quel avantage supplémentaire l’analyse de ces éléments aurait pu apporter à l’accusé. Elle a également rappelé que les tests ADN réalisés sur d’autres éléments n’avaient révélé aucune trace d’ADN d’O’Donnell, un fait que l’avocat de la défense avait d’ailleurs souligné lors de son plaidoirie.
« À notre avis, cet appel est une tentative de faire valoir un nouveau point qui n’a pas été soulevé au nom de la défense au procès, dans des circonstances où le jury n’a pas accepté la défense présentée au procès. »
Juge Nuala Butler
La juge Butler a insisté sur le fait que la loi n’impose pas aux victimes de préserver les preuves à des fins médico-légales. Elle a précisé que l’absence de telles preuves, en raison du lavage de vêtements ou de la literie, peut compliquer la tâche de l’accusation, mais ne rend pas automatiquement un procès inéquitable.
Lors de la détermination de la peine, le juge David Keane avait souligné le manque de remords d’O’Donnell et le caractère particulièrement grave de l’infraction. Il avait qualifié l’acte d’« abus de confiance fondamental, presque indescriptible », commis au sein même du foyer de la victime, en présence de son partenaire et de leur enfant. Il avait ajouté que le domicile, censé être un lieu de sécurité et de réconfort, avait été transformé en un lieu de dégradation.
Dans sa déclaration de victime, la femme a décrit la « douleur émotionnelle, physique, la blessure et le traumatisme » qu’elle avait endurés depuis l’agression. Elle a évoqué l’horreur de découvrir qu’il s’agissait d’O’Donnell dans son lit et le besoin impérieux de se laver immédiatement après l’agression.
« Il n’y a pas de moyen facile de dire à vos proches que vous avez été violée entre votre petit ami et votre nouveau-né. »
La victime
Elle a également souligné l’impact de l’agression sur sa famille et sa peur de croiser des proches d’O’Donnell en promenant son bébé. La victime a souhaité que l’identité d’O’Donnell soit révélée, mais a demandé à ce que la sienne reste confidentielle.
