Un homme de 36 ans, s’étant présenté comme un lord irlandais, est jugé ce vendredi 26 septembre à Nice pour avoir escroqué plus de cinq millions d’euros à l’acteur et réalisateur Dany Boon dans le cadre de la gestion d’un yacht. L’escroc a reconnu les faits dès l’ouverture du procès.
L’affaire a débuté en 2021, lorsque l’homme, se faisant passer pour un membre du Royal Cork Yacht Club et arborant un costume trois-pièces et une rosace à la boutonnière, a approché Dany Boon via le skipper Marc Pajot. Il s’était présenté comme un lord irlandais, propriétaire terrien et planteur jamaïcain, et disposait même d’une page Wikipedia à son nom.
L’escroc a convaincu Dany Boon de lui confier la gestion d’un voilier, promettant une “solution légale, efficace et discrète”. L’acteur a versé 2,2 millions d’euros pour financer l’acquisition et l’entretien du bateau, ainsi qu’une assurance auprès d’une société fictive basée aux îles Samoa.
En juillet 2021, l’homme a ensuite proposé à Dany Boon un placement financier lucratif via une banque irlandaise, incitant l’acteur à lui confier une somme supplémentaire de 4,5 millions d’euros. Selon l’escroc, ce placement avait initialement des motivations fiscales. Il a affirmé aux enquêteurs : « C’est l’occasion qui a fait le larron ».
Les avocats de Dany Boon ont immédiatement démenti ces allégations, soulignant dans un communiqué que leur client « a toujours agi dans le strict respect des lois et règlements, point qui n’est pas contesté par les autorités ».
L’escroc a annoncé la cessation de son activité en novembre 2021. Dany Boon, méfiant envers le repreneur proposé – qui s’est avéré fictif – a alors exigé le rapatriement de ses fonds. Cependant, l’argent a disparu, transféré vers des comptes à Monaco et à Singapour, ou utilisé pour l’acquisition de produits de luxe pour plus de 400 000 euros.
L’escroc affirme que les fonds sont désormais au Panama ou dans les îles du Pacifique, via des « structures complexes », et qu’il pourrait les récupérer pour indemniser les victimes s’il était libéré. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice monégasque, qui le poursuit également pour blanchiment d’argent, ainsi que son ex-épouse.
L’homme était déjà condamné pour escroquerie en 2019. Dany Boon n’était pas présent au tribunal, mais représenté par son avocat.
