Un journaliste turc a été condamné à plus de quatre ans de prison pour avoir critiqué publiquement le président Recep Tayyip Erdoğan, une décision qui souligne la pression croissante sur la liberté de la presse en Turquie. Faith Altayli, connu pour sa chaîne YouTube comptant 1,7 million d’abonnés, a été reconnu coupable d’insulte au chef de l’État.
La sentence, prononcée ce jour, s’élève à quatre ans et deux mois d’emprisonnement. Altayli n’a pas exprimé d’étonnement face à cette décision, rappelant l’histoire tumultueuse de la Turquie : « Regardez le passé lointain : c’est une nation qui a étranglé ses sultans lorsqu’elle ne les aimait pas ou ne les voulait pas », a-t-il déclaré.
Les faits reprochés à Altayli remontent à un épisode de sa série YouTube « Faith Altayli répond », dans lequel il commentait un sondage suggérant que 70 % de la population turque s’opposait à une présidence à vie. Il avait alors évoqué des exemples historiques de sultans ottomans destitués, voire assassinés.
Cette condamnation s’inscrit dans un contexte de répression croissante à l’égard des journalistes en Turquie. Récemment, un journaliste suédois a été condamné à onze mois de prison avec sursis pour avoir participé à une manifestation à Stockholm en faveur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Cette manifestation, survenue en 2023, avait été marquée par la suspension d’une poupée représentant le président Erdoğan.
Selon Reporters sans frontières (RSF), la Turquie occupe le 159e rang sur 180 pays en matière de liberté de la presse. Contactée par nos soins, l’organisation Free Press Unlimited n’a pas souhaité commenter cette situation ni émettre de prévisions quant à une possible extension de ces pratiques à d’autres pays européens.
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