Une juge du Wisconsin a été reconnue coupable d’obstruction à la justice pour avoir aidé un immigrant mexicain à éviter une arrestation par les autorités fédérales, une décision saluée par l’administration Trump dans le cadre de sa politique migratoire stricte. Hannah Dugan, juge au tribunal du comté de Milwaukee, risque jusqu’à cinq ans de prison.
Le verdict a été rendu jeudi après six heures de délibération. Bien que le jury l’ait acquittée de l’accusation de recel, la condamnation pour obstruction constitue une victoire symbolique pour l’administration Trump, qui avait qualifié la juge de « juge activiste ».
Les faits remontent au 18 avril dernier. Des agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE, l’agence américaine chargée de l’application des lois sur l’immigration) se sont rendus au palais de justice du comté de Milwaukee pour arrêter Eduardo Flores-Ruiz, un homme de 31 ans entré illégalement aux États-Unis et attendu devant la juge Dugan pour une affaire de coups et blessures.
Selon le dossier judiciaire, la juge Dugan a pris connaissance de la présence des agents dans le couloir et s’est entretenue avec eux, leur affirmant à tort que leur mandat administratif ne justifiait pas une arrestation immédiate. Elle leur a ensuite ordonné de se rendre au bureau du juge en chef.
Profitant de l’absence des agents, elle a abordé le cas de Flores-Ruiz en privé avec son avocat, lui proposant de participer à sa prochaine audience par visioconférence (Zoom) et l’a conduit vers une sortie discrète du palais de justice. Les agents, ayant repéré Flores-Ruiz, l’ont poursuivi et arrêté peu après. Il a été expulsé des États-Unis en novembre, selon le département américain de la Sécurité intérieure.
La défense de la juge Dugan a plaidé qu’elle agissait conformément aux protocoles du palais de justice, qui exigent que les agents d’immigration soient signalés à leurs supérieurs. Elle n’aurait donc pas intentionnellement cherché à entraver l’arrestation. Ses avocats ont quitté la salle d’audience sans faire de déclaration après l’annonce du verdict.
Lors du procès, les procureurs ont mis en avant des enregistrements audio où l’on entend la juge Dugan dire à sa sténographe qu’elle allait « assumer la pression » pour avoir aidé Flores-Ruiz à s’échapper. Un agent du FBI a également témoigné qu’elle avait immédiatement placé l’affaire de Flores-Ruiz en tête de son rôle et l’avait fait sortir par la porte privée.
Cette affaire a ravivé les tensions autour de la politique migratoire de l’administration Trump, les démocrates dénonçant une tentative de faire de la juge Dugan un exemple pour décourager toute opposition judiciaire à ses mesures.
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