Publié le 25 octobre 2025. Le gouvernement indonésien envisage d’introduire l’enseignement du portugais dans les écoles, une initiative qui suscite des interrogations quant à sa pertinence et à sa faisabilité, notamment en comparaison avec le renforcement de l’apprentissage du mandarin.
- Bonnie Triyana, membre de la Commission X de la Chambre des représentants (DPR), estime que l’enseignement du mandarin serait plus stratégique que celui du portugais.
- L’annonce de l’introduction du portugais a été faite par le président Prabowo Subianto lors d’une rencontre avec son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
- Des questions se posent quant à la disponibilité des enseignants qualifiés et au financement nécessaire pour mettre en œuvre ce nouveau programme.
La décision du président Prabowo Subianto d’introduire l’enseignement du portugais dans les écoles indonésiennes, annoncée le 23 octobre 2025 lors de sa rencontre avec le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva au palais Merdeka à Jakarta, a suscité une réaction immédiate au sein de la classe politique indonésienne. Cette initiative, présentée comme un geste de rapprochement diplomatique envers le Brésil, est désormais remise en question par certains parlementaires.
Bonnie Triyana, membre de la Commission X de la Chambre des représentants, chargée de l’éducation, a exprimé ses réserves quant à cette nouvelle orientation. Elle suggère que le gouvernement devrait reconsidérer sa position, estimant que le portugais n’est pas une langue suffisamment répandue dans les échanges internationaux pour justifier son introduction dans le cursus scolaire. Selon elle, l’enseignement du mandarin serait une alternative plus pertinente.
« Peut-être que le président recevait le président Lula dans le cadre de la diplomatie »,
Bonnie Triyana, membre de la Commission X de la Chambre des représentants
Bonnie Triyana souligne également les difficultés pratiques liées à la mise en œuvre de ce programme. Elle s’interroge sur la capacité du système éducatif indonésien à former un nombre suffisant d’enseignants qualifiés en portugais, et sur les coûts financiers que cela impliquerait. Elle propose que l’apprentissage du portugais soit réservé aux élèves intéressés, sous forme d’activités parascolaires ou de cours optionnels.
« Imposer l’apprentissage du portugais à tous les élèves serait un fardeau », a-t-elle déclaré, ajoutant que « les étudiants devraient avoir le choix de participer ou non à ces cours ». Elle met en garde contre les dépenses supplémentaires nécessaires pour former les enseignants et assurer la qualité de l’enseignement.
En conclusion, Bonnie Triyana plaide pour une priorisation de l’enseignement de l’anglais et du mandarin, qu’elle considère comme des langues plus stratégiques pour l’Indonésie sur la scène internationale. Elle estime qu’il est préférable de concentrer les efforts sur l’amélioration de la qualité de l’enseignement de ces langues déjà présentes dans le programme scolaire.
Hendrik Yaputra a contribué à la rédaction de cet article.
Choix de l’éditeur : Prabowo ordonne que le portugais soit enseigné dans les écoles en Indonésie
Cliquez ici pour recevoir les dernières actualités de Tempo sur Google Actualités