Home NouvellesUn locataire se retrouve sans abri suite au refus du propriétaire de signer le formulaire HAP pour un appartement récompensé de 2 000 €

Un locataire se retrouve sans abri suite au refus du propriétaire de signer le formulaire HAP pour un appartement récompensé de 2 000 €

by Nicolas Lefèvre

Publié le 20 octobre 2025 à 11h28. Un locataire du comté de Cork, rendu sans abri après le refus de son propriétaire de signer un formulaire d’aide au logement, a obtenu une indemnisation de 2 000 € pour discrimination.

  • La Commission des relations sur le lieu de travail (WRC) a jugé que le propriétaire avait enfreint la loi sur l’égalité de statut.
  • Le locataire, un père célibataire, avait vu ses heures de travail réduites à zéro et dépendait de l’aide au logement (HAP) pour payer son loyer.
  • Le propriétaire a initialement invoqué un manque de confiance et un besoin futur du logement pour sa belle-famille comme raisons de son refus.

Jakub Cherek a loué un appartement à Jun Ding dans la ville de Cork à partir du 25 mars 2022, dans le cadre d’un bail de 12 mois. Peu de temps après la signature du contrat, ses heures de travail ont été réduites à zéro, le contraignant à solliciter l’aide au logement (Housing Assistance Payment – HAP) pour continuer à payer son loyer.

M. Cherek a témoigné devant le WRC que son propriétaire avait refusé de signer le formulaire HAP, invoquant dans un premier temps la nécessité de consulter un avocat. Par la suite, M. Ding aurait affirmé avoir besoin de l’appartement pour sa belle-famille, puis que son refus était dû à un manque de confiance, car il n’avait pas été informé que les enfants de M. Cherek séjourneraient régulièrement chez lui.

Selon M. Cherek, l’absence de signature du formulaire HAP l’a plongé dans des difficultés financières qui l’ont finalement conduit à perdre son logement en novembre 2022. Il a alors été contraint de vivre chez des amis, dans des chambres d’hôtes et même dans sa voiture, avant de trouver un autre logement.

Le WRC a également appris que M. Cherek avait retardé le dépôt de sa plainte en raison du stress et des difficultés psychologiques liés à sa situation de sans-abri.

M. Ding a nié toute discrimination, affirmant qu’il n’aurait pas signé de bail de 12 mois s’il avait su que les enfants de M. Cherek occuperaient également le logement, celui-ci n’étant pas équipé de dispositifs de sécurité pour les fenêtres. Il a également réitéré que son refus de signer le formulaire HAP était lié à une perte de confiance.

Lors de son interrogatoire, M. Ding a expliqué qu’il avait demandé un avis juridique à ce sujet et qu’il envisageait également d’utiliser l’appartement pour sa belle-famille, ce qui lui a permis de signifier un préavis de résiliation à M. Cherek. Interrogé sur le fait d’avoir signé un bail de 12 mois alors qu’il prévoyait d’utiliser le logement pour sa famille, il a invoqué l’évolution de la situation en raison de la pandémie de Covid-19.

Seamus Clinton, responsable de l’arbitrage au WRC, a statué que M. Cherek avait droit à un délai plus long pour déposer sa plainte, compte tenu de sa situation de sans-abri. Il a également estimé que le refus de M. Ding de signer le formulaire HAP avait contribué au départ du locataire, intentionnellement ou non.

M. Clinton a conclu que M. Ding n’avait pas réussi à réfuter l’accusation de discrimination et avait violé la loi de 2000 sur l’égalité de statut. Il a fixé l’indemnisation à 2 000 €, en tenant compte du fait qu’un autre locataire n’éligible à l’HAP aurait pu également se voir signifier un préavis de résiliation à la fin du bail.

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