Publié le 26 août 2025 14:35:00. Le diabète de type 2, une maladie en forte progression dans le monde, touche déjà des centaines de millions de personnes. Des recherches récentes mettent en lumière le rôle potentiel d’un gène, SMOC1, dans le retard de l’apparition de cette pathologie.
- Plus de 643 millions de personnes sont actuellement atteintes de diabète de type 2 à l’échelle mondiale.
- Environ 250 millions de personnes ignorent qu’elles sont atteintes de cette maladie.
- Une étude identifie le gène SMOC1 comme un facteur susceptible de retarder l’apparition du diabète de type 2.
Le diabète de type 2 est devenu un véritable fléau mondial, touchant aujourd’hui 643 millions de personnes. En seulement 25 ans, son incidence a explosé, faisant de cette maladie l’une des principales menaces pour la santé publique au XXIe siècle. Ce qui inquiète particulièrement les spécialistes, c’est qu’environ 250 millions de personnes pourraient vivre avec cette maladie sans même le savoir. Cette sous-déclaration a des conséquences graves, non seulement pour la santé des individus concernés, mais aussi pour la capacité des systèmes de santé à y répondre efficacement.
La lutte contre le diabète de type 2 repose sur une approche globale, prenant en compte à la fois les facteurs inévitables, comme le vieillissement, et ceux qui peuvent être modifiés par la prévention. Un mode de vie sédentaire et une alimentation déséquilibrée sont des facteurs de risque majeurs. Cependant, les experts soulignent que la prévention ne peut qu’atténuer les risques, sans les éliminer complètement.
Selon National Geographic, le corps humain maintient un équilibre hormonal délicat pour réguler la glycémie. Le pancréas joue un rôle crucial dans ce processus, grâce aux cellules β-pancréatiques, responsables de la production d’insuline, l’hormone qui facilite l’entrée du sucre dans les cellules. Lorsque ces cellules dysfonctionnent ou sont détruites, l’organisme est incapable de traiter l’excès de glucose après chaque repas, ce qui multiplie les risques pour la santé.
Des équipes scientifiques du monde entier s’efforcent d’identifier les mécanismes moléculaires à l’origine de cette maladie. Une étude récente menée par le centre City of Hope de Los Angeles a révélé que les cellules β pancréatiques peuvent perdre leur fonction initiale et se transformer en cellules alpha, un autre type de cellule présente dans les îlots pancréatiques.
Alors que les cellules bêta produisent de l’insuline, les cellules alpha sécrètent du glucagon, une substance qui libère de l’énergie en augmentant le taux de sucre dans le sang, comme le précise la Bibliothèque nationale de médecine.
Dans le pancréas, les îlots pancréatiques sont de petits groupes de cellules aux fonctions différentes dans le métabolisme. Parmi eux, les cellules bêta et alpha, ainsi que d’autres types comme les cellules delta ou gamma, permettent de réguler les hormones telles que l’insuline et la ghréline, associée à l’appétit et à la satiété.
Les résultats de l’équipe de la Cité de l’Espoir, publiés dans la revue Science, suggèrent que le sort et la fonction de ces îlots pourraient être largement contrôlés par le gène SMOC1. Le docteur Adolfo García-Ocaña, responsable de l’étude, explique : « Chez les personnes en bonne santé, les cellules des îlots peuvent se différencier dans différentes directions. Certaines ressemblent davantage à des cellules alpha, d’autres à des cellules bêta, d’autres suivent leur propre voie, mais dans le diabète de type 2, elles finissent toutes par devenir alpha. »
Son collègue, Geming Lu, co-auteur de la recherche, ajoute : « Normalement, SMOC1 est actif dans les cellules alpha des personnes en bonne santé, mais nous avons observé qu’il commençait également à apparaître dans les cellules bêta des personnes diabétiques, là où il ne devrait pas être présent. »
Ces découvertes ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment le développement de traitements ciblant le blocage du gène SMOC1. Cela pourrait permettre de retarder la détérioration des cellules bêta et, par conséquent, de retarder l’apparition du diabète de type 2 ou d’en limiter la gravité chez les personnes à risque. Des analyses génétiques précoces pourraient également favoriser des thérapies régénératives et des techniques de transplantation cellulaire autologue, aidant les patients diabétiques à réduire leur dépendance à l’insuline.
Pour l’heure, la science ne dispose pas de solution définitive. Selon l’Université de Cambridge, il est seulement possible d’atténuer les symptômes et de ralentir la progression de la maladie. Les spécialistes de cet établissement britannique soulignent que le moment du diagnostic a un impact direct sur l’espérance de vie.
La gravité de cette tendance inquiète les experts. Le professeur Stephen Kaptoge, membre du même institut, a déclaré : « Étant donné l’impact que le diabète de type 2 aura sur la vie des gens, prévenir – ou au moins retarder l’apparition – de la maladie devrait être une priorité urgente. »
Les chercheurs insistent sur la nécessité de vastes campagnes d’éducation sanitaire, de sensibilisation et d’un suivi médical régulier. Un diagnostic précoce est essentiel pour initier une prise en charge de la glycémie et éviter les complications à long terme que le diabète peut causer aux organes et aux tissus. Une bonne gestion du diabète de type 2 nécessite un accompagnement médical spécialisé, un accès aux médicaments, des contrôles réguliers et une information claire pour les patients et leurs familles. Détecter la maladie à un stade précoce peut faire la différence entre une vie limitée par les complications et une vie épanouie.
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