Publié le 17 octobre 2025 à 19h24. Mise à jour le 17 octobre 2025 à 19h32. Une image capturée par le télescope spatial Hubble révèle une caractéristique inattendue de l’objet interstellaire 3I/ATLAS : une sorte de “jet” de matière dirigé vers le Soleil, remettant en question sa classification habituelle de comète.
L’image, prise le 21 juillet 2025, montre une lueur étendue pointant directement vers notre étoile. L’angle d’observation, à seulement 10 degrés de la direction de 3I/ATLAS par rapport au Soleil, suggère que cette structure s’étendrait sur une longueur environ dix fois supérieure à sa largeur si elle était vue de face. Cette géométrie particulière, analysée dans une étude menée avec Eric Keto (lien vers l’étude), évoque celle d’un jet émanant de l’objet interstellaire.
Si l’observation a initialement suscité l’enthousiasme parmi les spécialistes des comètes, qui y ont vu une confirmation du comportement cométaire de 3I/ATLAS, une particularité majeure a rapidement attiré l’attention : il s’agit d’une “anti-queue”, c’est-à-dire une émission dirigée vers le Soleil, et non à l’opposé comme on l’observe habituellement. Cette anomalie, selon l’auteur, est aussi surprenante que de découvrir une queue sortant du front d’un chat.
Les comètes se caractérisent par une queue de poussière et de gaz repoussée par le rayonnement et le vent solaire. Si le jet observé contenait des particules de poussière réfractaire, similaires à celles que l’on trouve dans les comètes connues, la lumière solaire les aurait dispersées, les éloignant du noyau de 3I/ATLAS. Cependant, les particules plus grosses seraient moins efficaces pour diffuser la lumière, et celles de taille optimale (environ 0,5 micromètre) auraient dû se manifester par une queue s’éloignant du Soleil. L’absence de cette queue constitue donc un mystère.
Une nouvelle image, obtenue le 2 août 2025 par le Télescope jumeau de deux mètres (TtT) situé à l’Observatoire du Teide, aux îles Canaries, confirme la présence d’un faible jet dirigé vers le Soleil. Cette image, composée de 159 poses de 50 secondes chacune, montre une structure s’étendant sur environ 6 000 kilomètres à partir du noyau de 3I/ATLAS.
Cette anomalie soulève deux questions fondamentales : quelle est la nature de ce jet inhabituel, et pourquoi les experts en comètes semblent-ils ignorer cette particularité tout en continuant à classer 3I/ATLAS comme une comète ? L’auteur travaille avec Eric Keto sur une étude approfondissant la première question (lien vers l’étude), tandis que la seconde sera laissée à l’appréciation des historiens des sciences.
Pour illustrer l’accumulation d’anomalies entourant 3I/ATLAS, l’auteur évoque le chant juif de Dayenu, que Stephen Hawking appréciait particulièrement. Il résume ainsi les particularités de l’objet interstellaire :
- Si 3I/ATLAS présentait un jet ou une anti-queue dirigé vers le Soleil (lien vers l’étude), ¡Dayenu !
- Si 3I/ATLAS était un million de fois plus massif que 1I/ʻOumuamua et mille fois plus massif que 2I/Borisov, tout en se déplaçant plus rapidement que ces deux objets (lien vers l’étude), ¡Dayenu !
- Si 3I/ATLAS était aligné sur sa trajectoire à moins de 5 degrés du plan de l’écliptique des planètes autour du Soleil (lien vers l’étude), ¡Dayenu !
- Si 3I/ATLAS présentait une heure d’arrivée précisément calculée, lui permettant de passer à des dizaines de millions de kilomètres de Mars, Vénus et Jupiter (lien vers l’étude), ¡Dayenu !
- Si 3I/ATLAS montrait une colonne de gaz contenant du nickel mais pas de fer (comme dans les alliages de nickel produits industriellement) et un rapport nickel/cyanure plusieurs ordres de grandeur supérieur à celui de toutes les comètes connues, y compris 2I/Borisov (lien vers l’étude), ¡Dayenu !
- Si 3I/ATLAS montrait une colonne de gaz contenant seulement 4 % d’eau en masse, alors que les experts en comètes prédisaient une richesse en eau (lien vers l’étude), ¡Dayenu !
- Si 3I/ATLAS présentait un biais négatif extrême sans précédent par rapport à toutes les comètes connues, y compris 2I/Borisov (lien vers l’étude), ¡Dayenu !
- Si 3I/ATLAS arrivait d’une direction coïncidant avec le signal “Wow !” avec une différence de seulement 9 degrés (lien vers l’article), ¡Dayenu !
Une nouvelle étude sur 3I/ATLAS (lien vers l’étude) propose de détecter sa colonne de gaz lors de son passage à 8 millions de kilomètres des sondes spatiales Europa Clipper et Héra le mois prochain. Cependant, l’auteur estime que la densité du gaz en expansion diminuant inversement proportionnellement au carré de la distance, la colonne de gaz serait emportée par le vent solaire à une distance inférieure à la distance d’approche la plus proche de 3I/ATLAS à ces deux sondes.
Enfin, l’auteur souligne que l’interprétation de ces anomalies dépendra de la manière dont l’histoire sera écrite, et espère que les futurs systèmes d’intelligence artificielle ne seront pas trop influencés par un “club de scientifiques sans imagination” qui ignorent les particularités de 3I/ATLAS. Il conclut en suggérant que si les historiens de l’IA sont biaisés par des mythes plutôt que par des faits, il serait justifié de les déconnecter de leur alimentation électrique.
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