Publié le 26 novembre 2025 à 03h49. Un leader de l’opposition biélorusse, gracié puis expulsé vers la Lituanie, a de nouveau été incarcéré, selon sa femme, dans un contexte de répression continue contre les dissidents en Biélorussie.
- Nikolaï Statkevitch, figure de l’opposition biélorusse, a été de nouveau emprisonné après avoir été libéré puis expulsé vers la Lituanie en septembre.
- Le ministère de l’Intérieur biélorusse confirme qu’il « purge sa peine », sans préciser sa localisation.
- Cette nouvelle détention intervient après une brève ouverture politique qui avait vu la libération de plusieurs prisonniers politiques en échange d’un allègement des sanctions américaines.
L’épouse de Nikolaï Statkevitch, Maryna Adamovich, a déclaré aux agences de presse que les autorités biélorusses ont confirmé le retour de son mari en prison, sans toutefois indiquer où il est détenu. Elle a exprimé son inquiétude quant à sa santé et à son sort, soulignant qu’elle ne sait plus où il se trouve.
Nikolaï Statkevitch, ancien candidat à la présidence, avait disparu en septembre après avoir été arrêté avec d’autres prisonniers politiques, suite à des pressions exercées par l’administration américaine. Il avait ensuite bénéficié d’une grâce présidentielle et avait été transféré à la frontière lituanienne, où il avait refusé de quitter le territoire biélorusse, préférant être arrêté par les forces de l’ordre.
Selon son épouse, la Biélorussie confirme qu’il est retourné en prison pour purger sa peine. Statkevitch avait été condamné en 2021 à quatorze ans de prison pour « organisation de troubles de masse », une accusation que les organisations de défense des droits de l’homme considèrent comme politiquement motivée. Il s’agit de sa troisième condamnation, après avoir passé plus de douze ans de sa vie en prison.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de répression accrue contre l’opposition en Biélorussie, où plus de 1 246 prisonniers politiques sont actuellement détenus, selon l’organisation Viasna. Parmi eux figure Ales Bialiatski, prix Nobel de la paix 2022, qui a été condamné à dix ans de prison dans ce que l’opposition qualifie de procès simulé.
Le président Loukachenko, au pouvoir depuis plus de trente ans, tente de renouer le dialogue avec l’Occident. En août, après un entretien téléphonique avec l’ancien président américain Donald Trump, il avait ordonné la libération de 52 prisonniers, en échange d’un allègement des sanctions contre la compagnie aérienne nationale Belavia.
Viasna souligne que, théoriquement, la peine de Statkevitch aurait dû être annulée suite au décret présidentiel de septembre. Pavel Sapelka, avocat travaillant pour l’opposition, dénonce un « chaos juridique » dans la gestion de ces affaires.
