La fragilité de l’innocence féminine et les inégalités croissantes face à la santé reproductive préoccupent un médecin et père de famille, confronté à une réalité troublante : un avenir potentiellement plus difficile pour sa fille que pour ses fils.
« Je porte fièrement le titre de ‘Papa’ », confie-t-il, évoquant la personnalité pétillante de sa fille de cinq ans, une enfant pleine de fougue et de curiosité. Il observe déjà un contraste frappant avec l’évolution de ses fils aînés, dont l’innocence s’est peu à peu estompée avec l’expérience de l’école et des relations sociales. Il anticipe, avec une inquiétude partagée par tous les parents, que sa fille devra également faire face à la perte de cette innocence, mais dans un contexte social particulièrement préoccupant.
Selon lui, les jeunes hommes bénéficient d’une liberté souvent excessive, notamment en matière de sexualité, et leurs erreurs sont généralement considérées avec indulgence. Sa fille, en revanche, grandira dans un monde où le corps féminin est soumis à une surveillance et un contrôle accrus. Ses droits en matière de santé reproductive pourraient être limités, et son autonomie remise en question. Cette disparité, souligne-t-il, dépasse le simple cadre politique et culturel pour toucher à la liberté personnelle et à l’avenir de sa fille.
En tant que médecin, il est témoin quotidiennement des complications liées à la grossesse, à l’accouchement et à la période post-partum, des risques auxquels les hommes ne seront jamais confrontés. « En obstétrique, on dit : ‘Il n’existe pas de grossesse à faible risque’ », rappelle-t-il, citant une maxime transmise par des générations de médecins. Il évoque des complications potentiellement mortelles comme la prééclampsie, le diabète gestationnel ou la dépression post-partum, dont la fréquence semble augmenter dans le pays.
Il déplore que ses fils bénéficieront d’un privilège biologique : celui de ne jamais mettre leur vie en danger en donnant la vie. « Comment puis-je concilier les libertés dont j’ai joui en tant qu’homme, et dont mes fils bénéficieront probablement, avec les restrictions imposées à ma fille ? », s’interroge-t-il. Il s’inquiète de la manière dont il pourra la soutenir dans une société qui pourrait la sanctionner pour des actes qui ne seraient pas jugés de la même manière pour ses frères.
Il insiste sur la nécessité de promouvoir des soins de santé équitables et personnalisés, où chaque patient puisse prendre des décisions éclairées concernant son propre corps. Cependant, il constate que, depuis la décision Dobbs, cette liberté est compromise pour les femmes. Il aspire à une société plus juste, où l’égalité des chances soit une réalité pour tous ses enfants.
Pour lui, l’égalité ne signifie pas traiter tout le monde de la même manière, mais garantir à chacun les mêmes chances. Il s’engage à éduquer ses enfants sur la responsabilité, le respect et les conséquences de leurs actes, tout en espérant qu’ils grandiront en adultes réfléchis et empathiques. Son souhait ultime est que sa fille conserve sa joie de vivre et son insouciance, sans être entravée par les injustices d’une société en mutation.
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