Publié le 20 décembre 2025 15h49. Un incident violent impliquant un pilote d’Air India Express et un passager s’est produit à l’aéroport de Delhi, soulevant des questions sur la sécurité et la gestion des conflits dans les aéroports indiens.
- Un pilote d’Air India Express, en dehors de ses fonctions, a été impliqué dans une altercation physique avec un passager à l’aéroport de Delhi.
- L’incident a dégénéré après un désaccord concernant l’accès à une voie de sécurité prioritaire, et a laissé le passager blessé au visage.
- Les autorités de l’aviation civile ont ouvert une enquête et le pilote a été temporairement suspendu de ses fonctions.
L’incident s’est produit alors qu’Ankit Dewan voyageait avec sa femme, sa fille de sept ans et son bébé de quatre mois. Le personnel de l’aéroport les avait dirigés vers une voie de sécurité réservée aux membres d’équipage et aux familles avec de jeunes enfants. Selon les témoignages, le capitaine Virender Sejwal, qui se rendait à Bangalore pour prendre son poste de pilote chez Air India Express, aurait tenté de se frayer un chemin dans la file d’attente.
M. Dewan s’est opposé à cette tentative, ce qui a conduit à une dispute verbale. Le capitaine Sejwal aurait alors proféré des insultes à l’encontre de M. Dewan, l’appelant « analphabète » (anpadh en hindi) et insistant sur le fait que la voie était réservée au personnel. La situation a ensuite dégénéré en violence physique, laissant M. Dewan avec des blessures au visage, comme le montrent des photos qu’il a partagées sur le réseau social X. Sa chemise blanche était visiblement tachée de sang.
M. Dewan a raconté sur les réseaux sociaux que sa femme avait entendu le capitaine Sejwal menacer de le frapper devant le personnel de sécurité. Malgré la présence d’une policière et d’au moins deux agents du CISF (Central Industrial Security Force), l’altercation a pu se dérouler sans intervention immédiate, sous les yeux de sa famille.
« Ma fille de sept ans, qui a été témoin de l’agression brutale de son père, est encore traumatisée et effrayée »,
Ankit Dewan, passager
M. Dewan a dû consulter un médecin à son arrivée à destination. Il a également exprimé son inquiétude quant à l’impact émotionnel de l’incident sur sa famille, y compris son bébé.
Air India Express a réagi rapidement en suspendant le capitaine Sejwal dans l’attente des résultats d’une enquête interne. Un porte-parole de la compagnie aérienne a déclaré : « Nous condamnons sans équivoque un tel comportement. Des mesures disciplinaires appropriées seront prises en fonction des conclusions de l’enquête. » La compagnie aérienne affirme s’engager à garantir que ses employés agissent de manière responsable en toutes circonstances.
Le personnel de sécurité est finalement intervenu, permettant au capitaine Sejwal d’embarquer sur son vol IndiGo à destination de Bengaluru, mais il lui a été interdit d’assurer le service Air India Express ultérieur.
L’incident a rapidement attiré l’attention du ministère de l’Aviation civile, qui a ordonné une enquête formelle et demandé des rapports détaillés du BCAS (Bureau de la sécurité de l’aviation civile) et du CISF. Les autorités cherchent à comprendre pourquoi les protocoles de sécurité n’ont pas permis d’empêcher ou d’arrêter l’agression dans une zone sensible comme le contrôle de sécurité. L’enquête portera notamment sur les éventuelles lacunes dans la formation ou les procédures de gestion des différends impliquant le personnel de l’aviation et les passagers.
M. Dewan a également affirmé avoir subi des pressions de la part des autorités aéroportuaires pour qu’il signe une déclaration renonçant à porter plainte, afin de pouvoir embarquer sur son vol SpiceJet sans délai et ne pas perdre ses réservations de vacances, d’une valeur de 1,2 lakh de roupies (environ 1 450 €). Il a exprimé sa frustration sur X, demandant : « Police de Delhi, pourquoi ne puis-je pas porter plainte après mon retour ? Les images de vidéosurveillance vont-elles disparaître dans les deux jours avant mon retour à Delhi ? »
La police de Delhi a déclaré avoir pris connaissance de l’incident via les réseaux sociaux, mais a précisé qu’aucune plainte officielle ni aucun dépôt de plainte (FIR) n’avait été déposé par M. Dewan ou par la compagnie aérienne à ce jour.
M. Dewan a également critiqué la mauvaise gestion de l’aéroport, soulignant le risque de combiner les voies d’accès du personnel avec celles des passagers voyageant avec des bébés, ce qui, selon lui, crée un chaos inutile dans une zone de haute sécurité. Il a également exprimé des inquiétudes quant à l’aptitude physique des pilotes soumis au stress, se demandant si des pilotes incapables de garder leur sang-froid lors d’une dispute peuvent être autorisés à piloter des avions.
Aucune déclaration supplémentaire du capitaine Sejwal, de la DGCA (Direction générale de l’aviation civile) ou d’autres responsables n’avait été publiée en fin d’après-midi, laissant de nombreuses questions sans réponse concernant les responsabilités et les mesures préventives.
Cet incident souligne la nécessité de renforcer la sécurité et la gestion des conflits dans les aéroports, afin de garantir un environnement sûr et respectueux pour tous les voyageurs, en particulier les familles avec de jeunes enfants.
