Les élèves de l’École obligatoire région Neuchâtel (Eorén) du Littoral reprendront leur horaire habituel dès le lundi 29 juin 2026. Le Comité scolaire de l’Eorén a annoncé ce vendredi la fin du régime spécial canicule, après avoir rendu les cours de l’après-midi facultatifs jeudi et vendredi en raison des fortes chaleurs.
Reprise des cours pour les élèves du Littoral
La décision de lever les mesures d’exception repose sur les prévisions météorologiques. Selon une communication transmise aux parents ce vendredi matin par le Comité scolaire de l’Eorén, une baisse des températures est attendue pour la semaine prochaine.

Ce retour à la normale met fin à deux journées de flexibilité. Jeudi et vendredi, les cours organisés l’après-midi étaient facultatifs pour limiter l’exposition des enfants aux pics de chaleur. Cette mesure a permis aux familles d’adapter l’emploi du temps des élèves afin d’éviter les déplacements et la présence en classe durant les heures où le rayonnement solaire et les températures sont les plus élevés.
Le Comité scolaire, organe responsable de la gestion administrative et organisationnelle de l’enseignement dans la région, a agi en coordination avec les prévisions de MétéoSuisse, l’organisme officiel de surveillance météorologique en Suisse, qui définit les seuils d’alerte canicule pour les autorités cantonales.
Mesures d’urgence à Genève pour les 1P et 2P
Le cas de Neuchâtel s’inscrit dans une tendance régionale où les autorités adaptent la présence scolaire selon l’intensité de la canicule. À Genève, la gestion a été différenciée par tranche d’âge, privilégiant la protection des enfants les plus jeunes.

Le portail ge.ch a indiqué que l’obligation de se rendre à l’école était levée jusqu’au vendredi 26 juin spécifiquement pour les élèves de 1P et de 2P. Ces classes, qui correspondent aux premières années du cycle primaire (environ 4 à 6 ans), sont considérées comme plus vulnérables aux effets de la chaleur, notamment en raison d’une thermorégulation moins efficace que chez les enfants plus âgés et d’un risque accru de déshydratation.
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Cette prolongation de l’alerte canicule visait à protéger les plus jeunes élèves durant les journées les plus chaudes, tout en maintenant l’obligation scolaire pour les cycles supérieurs, dont les bâtiments ou les capacités d’adaptation sont jugés différents.
L’obsolescence thermique des bâtiments scolaires romands
Ces ajustements d’horaires et ces absences autorisées révèlent une faille structurelle profonde. Les salles de classe en Suisse romande ne sont plus adaptées aux conditions climatiques actuelles, marquées par des épisodes de chaleur plus fréquents et plus intenses.
Comme le rapporte Le Temps, la majorité des bâtiments scolaires ont été conçus dans la seconde moitié du XXe siècle. Leurs normes thermiques, aujourd’hui obsolètes, transforment les salles de classe en bouilloires énergétiques dès que les températures grimpent. À l’époque de leur construction, l’enjeu principal était l’isolation pour conserver la chaleur durant l’hiver, sans prévoir de systèmes de refroidissement actif ou de ventilation naturelle efficace pour l’été.
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Le phénomène est accentué par l’utilisation massive du béton et du verre, des matériaux qui emmagasinent la chaleur durant la journée et la restituent lentement durant la nuit, empêchant les salles de classe de refroidir même après le départ des élèves.
Pour tenter de maintenir un environnement viable, les établissements ont recours à des solutions de fortune :
- Fermeture systématique des fenêtres et descente des stores pour bloquer le rayonnement solaire.
- Déplacement temporaire des activités d’apprentissage dans les caves ou les sous-sols, zones naturellement plus fraîches grâce à l’inertie thermique du sol.
- Modification des horaires de cours pour éviter les heures les plus chaudes, souvent en commençant les cours plus tôt le matin.
Cette situation dégrade le bien-être des élèves et du corps enseignant, rendant l’apprentissage difficile durant les périodes d’examens de fin d’année, où la concentration est maximale alors que les conditions thermiques sont les plus défavorables.
Le débat sur la modification du calendrier scolaire
Face à la répétition annuelle de ces crises, les autorités romandes sont contraintes de repenser l’infrastructure de l’instruction publique. Trois axes de réflexion s’opposent désormais : l’efficacité immédiate, la durabilité écologique et la mutation organisationnelle.
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L’une des pistes les plus radicales concerne le calendrier scolaire. Déplacer les vacances pour éviter les mois les plus chauds est envisagé, bien que cette option soit perçue comme un changement de société majeur plutôt qu’une simple modification administrative. Un tel changement impliquerait une coordination complexe entre les différents cantons, ainsi qu’une réorganisation des structures de garde d’enfants et des activités péri-scolaires.
Le dilemme reste entier entre la climatisation massive des classes, gourmande en énergie et potentiellement néfaste pour la santé en raison des chocs thermiques, et une refonte architecturale plus lente mais durable. Les solutions passives, telles que l’installation de toitures végétalisées, l’amélioration de la ventilation naturelle ou l’utilisation de matériaux à faible inertie thermique, sont privilégiées sur le long terme mais demandent des investissements publics massifs.
L’urgence climatique impose désormais une mise à jour des normes de construction pour que l’école ne dépende plus des prévisions météorologiques pour garantir la présence des élèves et la continuité des enseignements.
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