Home MondeUn tiers des chefs d’entreprise envisagent de licencier du personnel pendant la période des fêtes, selon une enquête

Un tiers des chefs d’entreprise envisagent de licencier du personnel pendant la période des fêtes, selon une enquête

by Clara Dubois

Alors que la période des fêtes approche, une enquête alarmante révèle qu’un tiers des entreprises américaines envisagent des licenciements, malgré la possibilité d’éviter ce timing particulièrement délicat. Cette décision, motivée principalement par la réduction des coûts, pourrait aggraver les difficultés des travailleurs en période de ralentissement économique.

L’enquête, menée en novembre 2025 par CV.org auprès de 1 008 dirigeants d’entreprises américaines, indique que 57 % de ceux qui prévoient des réductions d’effectifs envisagent de les mettre en œuvre entre Thanksgiving et Noël. 43 % envisagent la semaine suivant Noël et 32 % avant Thanksgiving. Un pourcentage supplémentaire de 16 % n’a pas encore fixé de date, mais prévoit d’agir avant 2026.

Plus d’un tiers des répondants (34 %) reconnaissent que ces licenciements auraient pu être retardés, et 40 % estiment qu’ils auraient « probablement » pu l’être. La principale raison invoquée pour justifier ces suppressions de postes est la nécessité de réduire les coûts avant le début du nouveau trimestre financier (74 % des répondants). D’autres motifs incluent l’évitement du paiement de primes (42 %) et de participations aux bénéfices (35 %). L’état général de l’économie et les performances de l’entreprise sont également des facteurs déterminants, ainsi que l’essor de l’intelligence artificielle et de l’automatisation.

« Licencier des employés à la fin de l’année peut faciliter les transitions opérationnelles pour certaines équipes », explique Kara Dennison, responsable des conseils de carrière chez Resume.org. « Cependant, pour la personne qui perd son emploi, le moment est brutal. Les fêtes amplifient le stress, et la perte de revenus combinée aux attentes sociales de la saison peut rendre l’expérience plus isolante. »

L’enquête révèle également un contraste frappant : alors que les licenciements se multiplient, 82 % des cadres supérieurs devraient recevoir une prime de fin d’année. Plus de la moitié des entreprises (57 %) prévoient toujours d’organiser une fête de Noël.

Selon l’enquête de CV.org, seulement 58 % des entreprises prévoient d’accorder une indemnité de départ à tous les employés licenciés, tandis que 35 % n’en verseront qu’à certains et 6 % n’en offriront aucune. Parmi les entreprises qui proposent des indemnités, 34 % offriront l’équivalent de deux semaines de salaire, et 30 % de trois à quatre semaines.

Ces résultats interviennent dans un contexte de baisse des demandes d’allocations chômage aux États-Unis, qui ont atteint leur plus bas niveau depuis plus de trois ans la semaine se terminant le 29 novembre. Le ministère du Travail a rapporté que 191 000 Américains ont déposé une demande d’allocations chômage, contre 218 000 la semaine précédente – le chiffre le plus bas enregistré depuis le 24 septembre 2022 (189 000 demandes).

Malgré cette amélioration conjoncturelle, des inquiétudes persistent quant à l’état général de l’économie américaine, marquée par des turbulences financières depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en janvier. Les guerres commerciales initiées par l’administration Trump ont provoqué une forte volatilité des marchés boursiers, et sa politique d’expulsion de millions d’immigrés sans papiers a mis à rude épreuve le marché du travail. Les politiques tarifaires de Trump ont également entraîné une augmentation des dépenses des ménages d’environ 1 100 dollars (environ 900 euros) en 2025, ajoutant une pression supplémentaire sur les personnes susceptibles de perdre leur emploi.

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