Publié le 1er novembre 2025 à 4h53. Le spécialiste allemand de la fonderie d’aluminium, Voit Automotive, est au bord de la faillite après des mois de tentatives de sauvetage infructueuses, mettant en péril près de 2 000 emplois.
- L’équipementier automobile Voit Automotive a déposé le bilan en auto-administration.
- Aucun repreneur n’a répondu aux attentes financières et stratégiques pour assurer la pérennité de l’entreprise.
- La crise du secteur automobile, notamment le ralentissement de la transition vers les véhicules électriques, est un facteur aggravant.
Située à Saint-Ingbert, en Sarre, Voit Automotive a débuté son activité en 1947 comme une petite entreprise familiale. Elle est devenue l’une des douze plus grandes entreprises de la région, spécialisée dans le moulage sous pression d’aluminium. L’entreprise comptait parmi ses clients de nombreux constructeurs automobiles de renom : Audi, BMW, Mercedes, VW, Ford, Chrysler, Jaguar et Land Rover.
Selon la Radio sarroise, les tentatives de sauvetage se sont soldées par un échec. Aucune des parties intéressées par une reprise n’a présenté une offre répondant aux exigences financières et stratégiques nécessaires au maintien des activités. La perte de ZF Friedrichshafen, un client majeur, a particulièrement fragilisé l’entreprise. ZF elle-même est confrontée à des difficultés, avec un plan de suppression de jusqu’à 14 000 emplois en Allemagne d’ici fin 2028, selon l’agence de presse allemande dpa.
Voit Automotive a déposé une demande d’insolvabilité en auto-administration, avec Martin Kaltwasser, du cabinet d’avocats Lieser, désigné comme administrateur provisoire. Ce dernier a pointé du doigt le conflit en Ukraine et les perturbations des chaînes d’approvisionnement qui en découlent, ainsi que la hausse des prix de l’énergie et des coûts de main-d’œuvre, comme autant de facteurs contribuant aux difficultés de l’entreprise.
L’avenir des 2 000 employés de Voit Automotive, dont environ 1 000 sur le site de Saint-Ingbert, est incertain. Selon les informations de RS, un plan de transfert vers une entreprise de reclassement, financé en partie par ZF, est envisagé à partir de janvier 2026. La production devrait cesser définitivement le 30 septembre 2026, comme l’a rapporté t-online.
Cette nouvelle insolvabilité illustre la crise profonde que traverse l’industrie automobile allemande et européenne, comme le souligne Ruhr24. Le passage aux véhicules électriques ne se déroule pas aussi rapidement que prévu, et la demande pour les voitures électriques est freinée par la suppression des bonus écologiques. Les tensions commerciales avec les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, et la baisse de la demande sur le marché chinois pèsent également sur le secteur. Ces difficultés entraînent des suppressions d’emplois et des faillites en cascade, touchant en particulier les fournisseurs.
Récemment, un autre équipementier automobile du Bade-Wurtemberg s’est déclaré insolvable, et un autre grand fournisseur allemand, employant 1 500 personnes, a également rencontré des difficultés financières, comme le rapporte Merkur.
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